Le refus de la loi de finances rectificative 2026 a déclenché une onde de choc au sein du pouvoir sénégalais, mettant en lumière les tensions entre l’exécutif et les parlementaires. Au cœur du débat, Cheikh Diba a brandi une défense farouche de la politique budgétaire, tout en dévoilant un déséquilibre financier qui pourrait influencer les projets de développement du pays.
Une riposte virulente au cœur de l’Assemblée
Lors de la séance plénière, le grand argentier a ponctué ses propos de l’expression locale « Thiakhane bakhoul ! », signifiant que les enfantillages de l’opposition étaient inacceptables. Il a souligné que la notion de sincérité budgétaire ne devait pas être manipulée comme un prétexte pour contester les ajustements prévus par la Constitution et la loi organique relative aux lois de finances. En rappelant les précédentes rectifications de 2025, Cheikh Diba a affirmé que chaque modification était un effort pour réaligner les dépenses publiques avec la réalité économique.
Le ministre a également évoqué les soutiens dont il bénéficie, mentionnant son expérience de travail aux côtés de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et le président de séance El Hadji Malick Ndiaye, afin de contrer les accusations d’amateurisme. Selon lui, ces alliances démontrent la légitimité de son action et la volonté de l’État à respecter les cadres légaux établis.
Les chiffres qui déstabilisent le budget
Dans un tableau chiffré, Cheikh Diba a indiqué que les recettes collectées à la fin du mois de septembre s’élevaient à 173,3 milliards de francs CFA, loin des 762 milliards attendus. Cette différence, bien que reconnue, a été présentée comme un défi technique plutôt que comme un échec de gestion. Le ministre a insisté sur le fait que les écarts ne remettent pas en cause la compétence des équipes du ministère, mais reflètent les aléas inhérents à l’exécution des prévisions.
Il a rappelé que les mécanismes de révision budgétaire, prévus par la LOLF, offrent des garde‑fous destinés à corriger rapidement les dérives. Ainsi, chaque fois que les prévisions s’éloignent de la réalité, le gouvernement propose des ajustements afin de « revenir à la bonne trajectoire », garantissant transparence et responsabilité.
Cette confrontation a révélé un fossé grandissant entre les attentes parlementaires et la capacité du gouvernement à mobiliser les recettes. La question qui se pose désormais est de savoir si ces désaccords budgétaires entraîneront des retards dans les projets d’infrastructure et les programmes sociaux tant attendus par les Sénégalais.
En définitive, le clash entre Cheikh Diba et l’opposition pourrait redessiner les règles du jeu politique, poussant le pays à clarifier les critères de sincérité budgétaire et à renforcer la coopération entre les institutions pour éviter de futurs blocages.



