Le rejet de la loi de finances rectificative 2026 par les députés a déclenché une vague d’inquiétude parmi les investisseurs sénégalais, qui redoutent une perte de crédibilité du pays sur les marchés régionaux.
Un débat qui reflète la maturité démocratique
Sur son compte Facebook, Abdourahmane Sarr a salué la qualité du débat entre les parlementaires et les représentants de l’exécutif, le qualifiant de « séquence de débats qui honorent notre démocratie ». Il a rappelé que cette dynamique était attendue, compte tenu du partage des rôles entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Des chiffres qui interrogent la faisabilité budgétaire
Le ministre sortant a insisté sur la nécessité d’une gestion transparente des finances publiques, loin de toute opacité qui obligerait le Sénégal à dépendre d’acteurs extérieurs pour connaître sa propre situation économique. Il a cité le rapport macroéconomique du ministère de l’Économie, publié en mars 2026, qui prévoyait un déficit de 3 % du PIB en 2027 après avoir intégré les chocs observés au premier trimestre de la même année.
Selon ses données, les investissements publics s’élevaient à 1 031 milliards de FCFA à la fin septembre 2026, contre 1 069 milliards à la même période en 2025. Pour atteindre les 2 249 milliards prévus dans la LFR, il faudrait mobiliser 1 218 milliards en trois mois, soit un rythme supérieur à celui des neuf premiers mois, ce qui, selon lui, est irréaliste.
Enjeux pour la souveraineté économique
Sarr a rappelé que la sincérité budgétaire n’est pas une affaire de parti ou de majorité, mais une condition indispensable à la confiance des citoyens, investisseurs et partenaires. Il a souligné que le TOFE transmis au FMI confirme l’importance d’une information budgétaire fiable, tout en précisant que le FMI ne représente pas les intérêts du peuple sénégalais.
Il a également évoqué la question des subventions énergétiques, appelant à une comptabilisation exhaustive des obligations de l’État, indépendamment des délais administratifs. Selon lui, l’exécutif doit garantir la continuité du secteur énergétique, éventuellement via des décrets d’avance, à condition que le cadre légal le permette.
En conclusion, Abdourahmane Sarr estime qu’un déficit inférieur à 5 % du PIB rebasé en 2026 est désormais atteignable, ouvrant la voie à un retour au déficit de 3 % en 2027 et renforçant la crédibilité du Sénégal au sein de l’UEMOA, sans nécessiter de restructuration de la dette.
Cette vision d’une gestion budgétaire sincère se veut un appel à l’action pour les institutions, afin de préserver la souveraineté économique du pays et de rassurer les acteurs financiers.



