Une proposition audacieuse émerge de la scène politique sénégalaise, défiant les conventions établies et plaçant l’inclusion au cœur du débat. Cheikh Dieng, en lice pour la mairie de Pikine sous la bannière de Kiraay, propose de réserver un cinquième des postes électifs aux citoyens en situation de handicap. Cette initiative, qui va bien au-delà des discours habituels, pourrait redéfinir la participation des personnes concernées dans la gouvernance locale et nationale.
Pikine, vitrine d’une inclusion sans précédent
L’ambition de Cheikh Dieng pour la municipalité de Pikine est claire : en faire un modèle exemplaire en matière d’inclusion sociale. Le candidat suggère un quota de 20% des sièges au sein des assemblées locales pour les personnes handicapées. S’il est élu, il s’engage à garantir l’accessibilité de tous les bâtiments administratifs et à faire respecter le quota de 15% des emplois pour les personnes vivant avec un handicap, une mesure déjà prévue par la loi de 2010 mais souvent ignorée. De plus, un bureau dédié à la promotion économique et sociale, dirigé par des personnes elles-mêmes en situation de handicap, verrait le jour, soulignant une volonté de confier les rênes de l’action à ceux qui connaissent le mieux les défis.
L’initiative « Waylagooy » au cœur de la stratégie Kiraay
Cette proposition pour Pikine s’inscrit dans une dynamique plus large, celle de la structuration du mouvement Kiraay autour de segments spécifiques de la population. Le président Diomaye Faye avait dévoilé, le 9 août, une feuille de route nationale en trois phases, prévoyant la création de plusieurs entités spécialisées. Parmi elles, « Waylagooy » est spécifiquement dédiée aux personnes handicapées, œuvrant aux côtés de « Ndawi Kiiraay » pour les jeunes, « Jigéeni Kiiraay » pour les femmes, « Kanggami Kiiraay » pour les cadres et « Maggi Kiiraay » pour les sages. La cellule « Waylagooy » a d’ailleurs été inaugurée le 6 septembre 2026 à Dakar-Plateau, avec l’objectif de transformer les personnes handicapées en véritables moteurs du développement économique et social du pays.
Un appel national pour une loi « paritaire »
Au-delà de son engagement local, Cheikh Dieng ne se limite pas aux frontières de Pikine. Il exhorte l’ensemble de la classe politique à envisager l’adoption d’une législation inspirée du principe de parité, pour que les personnes vivant avec un handicap puissent directement défendre leurs intérêts au sein des instances législatives et délibérantes : de l’Assemblée nationale aux conseils départementaux et municipaux. En parallèle, il promet de plaider auprès des instances dirigeantes pour une application rigoureuse de la loi de 2010 sur l’inclusion sociale. Ce texte, qui prévoit déjà de réserver 15% des emplois à ces citoyens, peine à être pleinement mis en œuvre depuis son adoption, laissant un vide législatif et social que Dieng cherche à combler.
La vision de Cheikh Dieng et du mouvement Kiraay marque un tournant potentiel. En transformant un enjeu de compassion en un défi de représentativité politique et d’autonomisation économique, ils lancent un appel fort à la société sénégalaise pour une inclusion effective et visible, capable de transformer durablement le paysage institutionnel et social.



