Les champs de la région de Linguère vibrent d’une inquiétude grandissante : la pluie s’est arrêtée depuis près d’un mois, laissant les parcelles semées à des stades très hétérogènes et jetant le doute sur les rendements à venir.
Un déséquilibre entre les vagues de semis
Dans le cadre de la Direction de la Protection des Végétaux de Dahra, 38 stations pluviométriques couvrent le secteur. Les premières semences de niébé, plantées lors de la première vague, sont déjà récoltées en vert, tandis que la deuxième génération n’a même pas encore fleuri. L’arachide suit un schéma similaire : la première vague forme des gousses, alors que la seconde n’est qu’en phase de gynophorisation. Le mil, quant à lui, montre une dualité marquée : les plants de la première vague sont prêts à être coupés, alors que ceux de la seconde approchent de la maturité. Cette disparité reflète l’interruption prolongée des précipitations, qui a transformé le calendrier habituel des cultures.
Les avertissements des autorités locales
Yakhya Sy, responsable de la Base de Surveillance et Alerte Phytosanitaire de Dahra, signale que certaines localités, notamment à Dahra même, subissent une carence d’eau qui pourrait réduire la productivité de l’arachide si la pluie ne revient pas rapidement. Il ajoute que les secondes vagues de niébé, de mil, d’arachide et de maïs sont exposées à un risque similaire. Malgré ces menaces, la situation phytosanitaire reste globalement calme, à l’exception d’une infestation de sautériaux signalée à Gassane, où des équipes sont déjà mobilisées pour éradiquer les ravageurs. Aliou Sow, chef du service départemental du développement rural de Linguère, décrit l’avancement des cultures en fonction des vagues de semis, soulignant l’impact direct du retard pluviométrique.
Réactions politiques et perspectives
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Bâ, a parcouru la région le vendredi 18 septembre. Lors de sa visite, il a mis l’accent sur le niébé et la pastèque comme cultures prioritaires pour soutenir les producteurs. L’ANACIM, qui avait prévu un démarrage normal des pluies à l’Est et au Sud‑Est, anticipe désormais des débuts tardifs dans d’autres zones, avec le danger de faux départs pour les semis. Au même moment, les agriculteurs de Tambacounda expriment une préoccupation comparable, soulignant que le phénomène n’est pas isolé à Linguère.
Si les précipitations ne reprennent pas dans les prochains jours, la perte de rendement pourrait s’avérer considérable pour les cultures clés, compromettant la sécurité alimentaire locale et la stabilité économique des ménages ruraux. Les autorités restent vigilantes, mais la fenêtre d’action se réduit rapidement.



