Devant les députés, ce jeudi 2 octobre 2026, le Dr. Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce, a livré une mise au point attendue concernant l’entreprise Softcare. Son intervention a révélé une position nuancée : si des infractions aux procédures internes ont été formellement reconnues, l’allégation d’usage de produits périmés dans la fabrication a été fermement contestée, le ministre appelant à la prudence en attendant les conclusions des experts.
Manquements Internes Confirmés, Allégation de Périmés Révoquée
Le ministre a été direct sur un point essentiel : la société Softcare a effectivement dérogé à
« de nombreuses procédures »
internes. Cette reconnaissance marque une étape importante dans la gestion de ce dossier sensible, soulignant un besoin urgent de mise en conformité au sein de l’entreprise. Cependant, Serigne Guèye Diop a tenu à démentir avec force les rumeurs concernant l’incorporation de produits périmés dans ses articles. Selon lui, les agents de contrôle n’ont pas réussi à établir un lien direct entre les matières premières isolées sur le site et la fabrication des produits mis en cause. Il a insisté sur la nécessité de s’en remettre à des analyses scientifiques approfondies, expliquant que des éléments peuvent être entreposés en usine en attente de vérifications sans pour autant être destinés à la production. Par ailleurs, il a précisé que les contrôleurs assermentés avaient constaté que le lot de matière première en question ne correspondait pas aux caractéristiques des articles habituellement associés à Softcare, bien qu’il puisse être conforme à d’autres types de productions.
Une Réponse Gouvernementale : Délai de Conformité et Brigades Mixtes
Face à ces défaillances procédurales, l’entreprise Softcare s’est vu accorder un délai pour rectifier le tir et se conformer aux régulations en vigueur. Cette décision s’inscrit dans une logique de correction et de renforcement des standards industriels. Au-delà du cas spécifique de Softcare, le ministre de l’Industrie et du Commerce a annoncé une initiative plus large et structurelle : la création prochaine de
« brigades mixtes »
. Ces équipes, composées de services de contrôle et de forces de sécurité, auront pour mission d’inspecter un large éventail de produits sur le marché, attestant de la volonté gouvernementale de renforcer la surveillance et d’assurer une meilleure protection des consommateurs. Cette mesure vise à instaurer une vigilance accrue et à garantir le respect des normes de qualité et de sécurité à travers l’ensemble du secteur.
L’intervention du ministre Serigne Guèye Diop à l’Assemblée nationale dessine une feuille de route claire : intransigeance sur les procédures, attente des faits scientifiques pour les accusations les plus graves, et une détermination à muscler les mécanismes de contrôle pour l’avenir. Le dossier Softcare, loin d’être clos, devient ainsi un catalyseur pour une exigence de transparence et de qualité généralisée dans le paysage industriel sénégalais, avec des implications directes pour la confiance des citoyens.



