Fermeture du campus, grèves : l’université sénégalaise peut-elle encore être sauvée ?

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Depuis un certain temps, les autorités et les étudiants ne cessent de se communiquer sur la situation de quasi crise dans les universités. Le report sine die du démarrage des cours au niveau de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), notamment, remet au goût du jour la question presque existentielle de  l’avenir de l’étudiant sénégalais.

Joint au téléphone, un des représentants des amicales de l’Ucad fait des révélations de tailles. Selon lui les représentants des amicales ont trouvé une solution. Car ils ont accompli une mission aux noms des dirigeants de l’université pour une reprise des cours en présentiel.

« C’est à cause de la politique que l’UCAD est fermée, même si les autorités avancent des questions sécuritaires. Les arguments de ces derniers sont tellement fallacieux, sans fondement, ni objectifs. Ils pensent que Ousmane SONKO va bénéficier du soutien des étudiants de l’UCAD. Ici, la majeure partie des apprenants sont de l’opposition surtout du parti dissout Pastef. Nous vivons avec des clans de mouvements et partis au sein du campus. Parmi eux certains assurent la politique du gouvernement et d’autres roulent pour l’opposition. Nous avons toujours dénoncé l’existence des armes blanches dans le temple du savoir. », a expliqué le représentant qui témoigne sous couvert d’anonymat

Pour lui, les moyens pour la mise en oeuvre de ce type d’enseignement ne sont pas réunis. « Les cours en ligne ne sont pas une solution pour sauver l’université. Car l’année académique 2022-2023 n’est pas encore terminée. En plus certains étudiants n’ont ni ordinateurs encore moins de téléphone pour suivre les cours. Mais aussi il faut signaler que la plupart d’entre eux habitent dans des endroits éloignés non électrifiés et inaccessibles à l’internet. L’Etat va créer une inégalité sociale par les cours en ligne. Les étudiants peuvent se rendre dans les salles de cours pour apprendre. Car les endroits les plus touchés par les émeutes sont le chapiteau de la faculté de droit, la direction du Coud et Cesti», insiste-t-il.

Si les enseignants du SAES encouragent les étudiants sur la tenue des cours dans les facultés, ils ont étudié la possibilité car la vie d’un étudiant se résume entre le restaurant, les salles de cours et le campus. Or, ces endroits n’ont pas été saccagés pendant les émeutes.

Selon l’étudiant A. Fall, le problème au sein des universités est la planification des cours pour leu reprise : « Les étudiants de l’année dernière seront au même niveau que les nouveaux bacheliers. Car ils n’ont pas fini leur programme »

« A la place où les responsables éprouvent des difficultés pour les cours en ligne, comment peuvent-ils organiser des examens? Pour faciliter la reprise des cours, les représentants d’amicales ont été approchés par la direction en septembre. Nous avons trouvé la solution pour une reprise en procédant à la distribution des clés USB et des fascicules de cours sur le territoire national. Une opération supervisée par les responsables de l’Ucad. La seule condition était de donner des moyens de transports et d’ouvrir les salles de cours en octobre. Mais une fois que ce service est rendu, les dirigeants sont revenus à la case départ pour les cours en ligne », fulmine t-il.

Selon cette étudiante, cette absence de perspectives claires dans les universités participe à l’exode Massif des jeunes vers d’autres cieux. L’immigration clandestine des étudiants, croit-elle savoir, est justement motivée par le manque d’espoir que les diplômes universitaires nninsufflent plus. Selon le Pr. Diouf, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop, les causes de la récurrence des grèves sont de plusieurs ordres.

« Chez les étudiants c’est souvent les aspects sociaux. Chez les enseignants et PATS, des revendications sur des éléments liés à leur statut ou au non-respect des promesses ou protocoles. En un mot, c’est souvent pour des engagements non respectés par l’autorité (gouvernement et ses démembrement ou recteur ou directeur coud) », explique-t-il pour ce qui concerne les motifs de grèves cycliques.

Concernant la fermeture de l’Université Cheikh Anta Diop, il pense que les autorités sont motivées par des desseins politiques.

« Les motifs sont politiques je crois car des conférences se tiennent, des concours d’entrée, se tiennent à l’ucad donc invoquer la sécurité ne me semble pas pertinent. Je doute fort que la police ait dit dans un rapport qu’elle ne peut pas sécuriser l’UCAD qui est un espace fermé maintenant avec des portes et grilles partout »

Dans cette situation de non apprentissage, le classement des universités africaines surtout la première place allouée à l’Ucad reste une énigme. Mais selon le Pr Diouf, le temple du savoir de Dakar mérite cette place : « Chaque classement obéit à des critères mais si on fait le tour des universités dans la sous-région je pense que ce classement est correct. »

Sur les années scolaires qui s’entremêlent et leur impact sur l’étudiant, il pense que les étudiants sont les grands perdants : « Il y a de lourdes conséquences pour tous les acteurs mais l’étudiant est plus perdant du fait d’une absence de planification. »

Dans le lot des candidats à l’immigration clandestine, les familles ont signalé la disparition des étudiants qui ont pris des pirogues pour une aventure. Selon l’enseignant, chaque individu est capable d’expliquer ces motivations. Pourtant, l’université sénégalaise était dans un meilleur élan avec le lancement des réformes faites en 2013 dès l’avènement de Macky Sall.  Que de belles choses nous avaient été promises lors de la Concertation nationale pour l’avenir de l’enseignement supérieur (CNAES) dirigée à l’époque par Bachir Diagne.

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