Les femmes plus nombreuses en politique municipale au Québec

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Une suite à la percée historique féminine aux élections municipales de 2017 semble se profiler pour le scrutin du 7 novembre, qui se tiendra en simultané dans plus de 1100 municipalités québécoises.

Partout au Québec, les femmes répondent à l’appel. 

Catherine Fournier est candidate à la mairie de Longueuil. La conseillère municipale Virginie Proulx briguera la mairie de Rimouski.

À Gatineau, elles sont même deux à se porter candidates au poste de mairesse : la conseillère du district du Plateau Maude Marquis-Bissonnette et l’ancienne présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais France Bélisle.

Même scénario à Magog, où les conseillères municipales Nathalie Bélanger et Nathalie Pelletier sont toutes les deux de l’aventure.

Un engouement que la directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, Esther Lapointe, attribue notamment à Valérie Plante, la première femme élue à la tête de la ville de Montréal aux dernières élections.

Même si plus de femmes s’engagent en politique municipale – les chiffres sont croissants depuis 2005 – on ne parle que d’environ 1 % tous les quatre ans, nuance Mme Lapointe.

À ce rythme-là, on n’est pas près d’arriver à la parité, fait-elle remarquer.

Encourager les femmes

Peu importe le palier de gouvernement, une femme aura plus tendance à poser sa candidature si elle est encouragée, poursuit Mme Lapointe.

C’est ce qui est arrivé à Mindy Pollack, conseillère d’arrondissement d’Outremont, qui est devenue en 2013 la première juive hassidique élue au Canada. C’est une élue du Plateau-Mont-Royal qui l’a d’abord remarquée et qui lui a demandé si elle avait déjà songé à faire de la politique.

Elle s’investissait alors auprès de l’organisation citoyenne Les amis de la rue Hutchison. Une idée qui ne lui avait pas même traversé l’esprit. J’ai ri quand on me l’a proposé la première fois, raconte Mme Pollack, qui ne se voyait pas dans un tel rôle, mais qui constatait l’importance d’agir pour contribuer à changer les choses.

J’ai réfléchi, j’en ai parlé avec ma famille et je me suis lancée. Je me suis dit pourquoi pas.Une citation de :Mindy Pollack, conseillère d’arrondissement d’Outremont, à Montréal

Son de cloche similaire du côté de la mairesse de Cornwall, dans la province voisine de l’Ontario. Bernadette Clément est devenue en 2018 la première femme à la tête de cette municipalité ontarienne et par le fait même, la première femme noire.

Cette Franco-Ontarienne, avocate de profession et née à Montréal, s’est d’abord intéressée à la politique municipale à l’aube de la quarantaine, moment qui coïncidait avec l’achat de sa première maison. Je me suis mise à me questionner sur mes taxes et où allait l’argent, dit celle qui vit dans la région depuis maintenant une trentaine d’années.

De fil en aiguille, elle s’est fait connaître et a même remplacé le maire de l’époque au pied levé pour donner un discours à sa place. C’est à ce moment qu’une personne a vu en elle une future mairesse et l’a encouragée à se présenter. Sa victoire n’a fait que confirmer la confiance que lui témoignaient les gens de sa municipalité.

La première élue de la communauté noire à Montréal, Kettly Beauregard, en 1994, fait quant à elle bande à part, ayant foncé sans appui particulier ni encouragement de ses pairs. Au contraire, les gens dont elle était proche la dissuadaient d’entrer dans la course.

Ils me disaient :  »Ne fais pas ça, les gens ne vont pas voter pour toi. »

C’est pourtant ce qui est arrivé en 1994 à cette mère de famille d’origine haïtienne, qui avait terminé un baccalauréat en sciences politiques à l’UQAMUniversité du Québec à Montréal une dizaine d’années auparavant.

Ce n’était ni par ambition ni sur un coup de tête qu’elle a plongé dans l’aventure, dit-elle en revenant sur sa victoire d’il y a près de 30 ans, mais je suis une femme de défis.

Il faut dire qu’à peine quatre ans plus tôt, en 1990, Dave Dinkins, devenait le premier maire afro-américain de New York.

Éveil politique

Pour d’autres femmes, explique la gestionnaire du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, c’est la participation au sein d’organisations, de groupes militants ou encore un emploi qui éveille en elles un intérêt pour l’arène politique.

C’est le cas de Catherine Fournier, qui a annoncé sa candidature à la mairie de Longueuil. La députée indépendante confirme que c’est par l’entremise de ses engagements au sein de divers groupes pendant son parcours scolaire qu’elle a côtoyé des gens qui l’ont encouragée à se lancer en politique, ce qui lui a permis de devenir la plus jeune députée de l’histoire du Québec.Catherine Fournier devant un lutrin.

Catherine Fournier est candidate à la mairie de Longueuil (archives).

PHOTO : RADIO-CANADA

De son côté, Julie Lemieux a occupé le poste de conseillère municipale pendant quatre ans dans la localité de Très-Saint-Rédempteur – où vivent un peu moins de 1000 habitants – avant de mener campagne. 

En 2017, elle est devenue la première mairesse transgenre au Canada.

Mais ses électeurs l’ont d’abord et avant tout élue pour ses idées, aime-t-elle rappeler : Ils étaient intéressés de savoir ce que j’allais construire.

Mme Lemieux soutient ne pas avoir subi de discriminations de la part des gens de sa municipalité. Un constat que partage Mme Beauregard. Quand j’ai été élue, il y a des journalistes qui me demandaient si mes électeurs savaient que j’étais noire. Je leur répondais :  »Mais je n’ai rencontré personne qui était aveugle quand je faisais du porte-à-porte. Ils m’ont élue en toute connaissance de cause. »

De l’avis des deux politiciennes, ce qui compte le plus aux yeux des gens, surtout en politique municipale, c’est de savoir qu’on les écoute et qu’on est attentifs à leurs besoins.

Outiller les femmes

Pour les aider à préparer leur plateforme, le Groupe Femmes, Politique et Démocratie offre toutes sortes d’ateliers et de séances d’informations.

L’hiver dernier, le programme Mairesse, ça m’intéresse a été lancé pour les aspirantes candidates afin de les aider à développer certaines habiletés et à connaître les institutions.

La session de formation s’étale sur deux jours et répond à toutes sortes de questions allant de l’organisation d’une campagne électorale à la différence entre le rôle de mairesse et de conseillère en passant par la lecture d’un budget.

Souvent le budget fait peur. D’autant plus que la mairie doit le déposer avant les vacances de Noël tandis que les élections ont lieu en novembre, explique Mme Lapointe. Elle ajoute que la formation permet de décortiquer un budget, de comprendre comment il fonctionne et comment l’interpréter.

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