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« Oui aux fossiles » : Abdourahmane Diouf défie la transition énergétique à Moscou

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La poussée mondiale vers les énergies renouvelables éclipse souvent les réalités économiques des nations émergentes. Pourtant, depuis la capitale russe, Abdourahmane Diouf, ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, a exposé une vision pragmatique pour son pays. En marge d’un forum international dédié au gaz, il a clairement affirmé la détermination du Sénégal à exploiter ses réserves d’hydrocarbures naissantes comme pilier de sa prospérité et de sa pleine souveraineté.

L’Équilibre délicat : Fossiles pour le développement, renouvelables pour l’avenir

La position sénégalaise, exprimée par Abdourahmane Diouf à l’antenne de RT en français, est sans équivoque : le pays est résolu à faire de ses richesses pétrolières et gazières des catalyseurs essentiels de son essor économique et de son indépendance énergétique. Pour une nation dont la production de pétrole a débuté en juin 2024 et celle de gaz en janvier 2025, l’urgence est de transformer ces ressources en progrès concret. Le ministre a ainsi plaidé pour une approche singulière de la transition énergétique, une approche qui s’harmonise avec les exigences de l’Afrique. « Nous sommes une nation jeune qui venons de découvrir le pétrole et le gaz. Nous disons oui au renouvelable, mais aussi oui aux fossiles. Nous devons avoir le temps d’avoir une transition différenciée, une transition juste qui nous permette de régler nos problèmes de pauvreté et de développement économique sur la base du gaz que nous avons », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’éradiquer la pauvreté et de financer le développement national avant de basculer entièrement vers les énergies propres.

Réduire la facture et bâtir l’autonomie grâce au gaz

Au-delà des exportations génératrices de devises, le gouvernement sénégalais vise un bénéfice direct pour ses citoyens. Le programme « Gas-to-Power » illustre cette ambition, prévoyant d’acheminer le gaz naturel vers les centrales électriques du pays. Cette initiative promet une diminution notable des coûts de l’électricité, potentiellement d’au moins 30 %, même si le calendrier précis de sa pleine opérationnalisation reste à définir. Le développement du gisement gazier de Yakaar-Teranga est central dans cette stratégie, le Sénégal cherchant activement des partenaires capables d’assurer son exploitation tout en garantissant l’approvisionnement du marché intérieur. Parallèlement, la compagnie nationale Petrosen est appelée à devenir un acteur majeur. Des réformes institutionnelles sont en cours pour qu’elle puisse concurrencer les géants comme BP, Woodside, Eni ou Gazprom. « La souveraineté, ce n’est pas que des slogans, ce n’est pas que des mots, c’est la réalité du terrain. Le Sénégal devait acquérir progressivement les compétences nécessaires pour maîtriser davantage son secteur énergétique », a précisé Abdourahmane Diouf, insistant sur le transfert de technologie et le renforcement des compétences locales, notamment via l’Institut national du pétrole et du gaz.

Multiplier les alliances pour une influence accrue

La rencontre à Moscou est également le reflet d’une diplomatie énergétique diversifiée. Abdourahmane Diouf a confirmé l’intérêt de coopérer avec des entités russes comme Gazprom, tout en réaffirmant l’ouverture du Sénégal envers d’autres puissances majeures, citant notamment la France, les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et les pays du Golfe. Cette approche multilatérale vise à renforcer les capacités techniques, à attirer les investissements nécessaires et à accélérer la croissance de l’industrie sénégalaise des hydrocarbures. L’interconnexion des réseaux électriques ouest-africains s’inscrit aussi dans cette vision d’une intégration régionale forte, avec l’objectif d’un accès universel à l’électricité d’ici 2029-2030, une ambition audacieuse qui positionne le Sénégal comme un acteur clé de la sécurité énergétique continentale.

En adoptant une trajectoire qui combine l’exploitation de ses récentes découvertes et une ouverture aux technologies renouvelables, le Sénégal, sous l’impulsion de son ministre de l’Énergie, trace un chemin distinctif. Ce faisant, il envoie un message clair à la communauté internationale : le développement économique des nations africaines ne peut être dissocié de leurs ressources propres, même si le défi est de concilier cette exploitation avec les impératifs d’une transition énergétique mondiale juste et équitable.

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