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Al Aminou Lo brandit l’article 86 face à Pastef : le PLFR 2026 secoue l’Assemblée nationale

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L’hémicycle sénégalais s’apprête à vivre un moment de forte tension politique ce mardi. Le 3 novembre, au cœur des débats : le Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2026, dont l’adoption est devenue un véritable bras de fer entre le gouvernement et une partie de sa propre majorité parlementaire. Face à l’impasse, une option constitutionnelle redoutable pourrait être activée, risquant de déclencher une crise institutionnelle majeure et de mettre à l’épreuve la cohésion de la nouvelle administration.

Une manœuvre constitutionnelle à haut risque

Le Premier ministre Al Aminou Lo et son équipe pourraient choisir une voie exceptionnelle pour faire valider le PLFR 2026. Si aucune entente n’est trouvée lors de la séance plénière, l’article 86, alinéa 6, de la Constitution offre une échappatoire, mais non sans danger. Ce dispositif permet au Premier ministre d’« engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances », suite à une délibération du Conseil des ministres. Il est ensuite stipulé que « ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent ». Une telle initiative transformerait un désaccord législatif en un enjeu de survie pour l’exécutif, soulevant des interrogations profondes sur la stabilité gouvernementale.

La majorité Pastef en désaccord avec l’Exécutif

La situation actuelle découle d’un refus persistant des députés de Pastef, qui ont déjà rejeté le PLFR 2026 à deux reprises en commission. Leurs inquiétudes s’articulent autour d’une considération jugée insuffisante de leurs demandes initiales. Ce blocage parlementaire survient malgré les directives présidentielles émises lors du Conseil des ministres du mercredi 28 octobre. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, avait alors rappelé que « la continuité des pouvoirs publics demeure un impératif pour asseoir la crédibilité des institutions de la République ». Il avait par ailleurs enjoint le Premier ministre de prendre « toutes les dispositions juridiques idoines et mesures adéquates » pour la mise en œuvre des politiques et projets figurant dans le PLFR 2026 et le projet de loi de finances 2027. Ces instructions soulignent la détermination de l’Exécutif à avancer, malgré les frictions internes.

Quel avenir pour la gouvernance sous l’article 86 ?

Le scrutin de ce mardi sera ainsi un révélateur. Trois issues sont envisageables : un accord de dernière minute qui permettrait l’adoption ordinaire du texte, un rejet franc du PLFR 2026, ou l’activation de l’article 86 par le Premier ministre. Cette dernière option, si elle garantit l’adoption du budget, confronterait directement le gouvernement à une potentielle motion de censure, testant la véritable force de la majorité présidentielle. Au-delà du sort du PLFR 2026, c’est la capacité de la nouvelle administration à naviguer entre les exigences parlementaires et l’efficacité exécutive qui est en jeu, un défi crucial pour la stabilité politique du Sénégal.

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