Accueil POLITIQUE Greffiers : le reclassement bouscule les carrières, l’automatisme exclu pour éviter le...

Greffiers : le reclassement bouscule les carrières, l’automatisme exclu pour éviter le chaos

0
2

Le paysage de la Fonction publique sénégalaise s’apprête à connaître des ajustements significatifs. Dès le jeudi 5 novembre 2026, une fenêtre s’ouvrira pour les personnels des greffes désireux d’accéder à un niveau supérieur dans la hiérarchie administrative. Néanmoins, cette opportunité de promotion vers la catégorie A sera conditionnée par une démarche individuelle, le gouvernement ayant décidé de ne pas appliquer une nomination automatique. Cette approche, justifiée par la volonté de garantir l’intégrité des principes régissant les carrières au sein de l’État, intervient dans un contexte de négociations prolongées avec les syndicats.

Une promotion fruit d’engagements majeurs

L’intégration des agents du greffe dans la catégorie A n’est pas une nouveauté. Elle découle d’un protocole d’accord signé le 7 août 2025 entre l’exécutif, le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ). Cet engagement fort a été suivi d’une période de perfectionnement intense. Le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) a ainsi orchestré un programme de six mois, au terme duquel les attestations de succès ont été acheminées aux entités chargées de la gestion de la Fonction publique.

Le parcours réglementaire a poursuivi son cours avec l’examen d’un avant-projet de texte législatif encadrant les nominations et les reclassements. Le Conseil supérieur de la Fonction publique s’est penché sur ce document le 7 juillet 2026, avant de le transmettre au Secrétariat général du Gouvernement pour la finalisation du processus.

L’option non-automatique : un choix stratégique

C’est précisément dans les modalités de ce changement que réside l’enjeu principal. Les autorités ont clairement signifié leur refus de permettre aux bénéficiaires de conserver leur grade initial. Selon des informations rapportées par Leral, cette position vise à éviter toute fragilisation des régulations existantes en matière de gestion des parcours professionnels publics. En conséquence, la progression ne se fera pas de manière systématique. Chaque agent remplissant les prérequis aura l’obligation de déposer personnellement un dossier de candidature au ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public. Ce dossier devra comprendre une requête formelle et une copie certifiée conforme du diplôme octroyé par le CFJ, laissant à chacun la liberté de solliciter ou non cette mesure.

Cette posture gouvernementale met en lumière la persistance de certaines divergences. En octobre, Me Moussa Sarr, le Ministre de la Justice, avait précisé que la quasi-totalité (environ 90 %) des promesses faites aux organisations syndicales des greffiers avait été honorée. Cependant, il avait alors désigné la question du reclassement comme le point d’achoppement central. L’ouverture des candidatures sous ces conditions non-automatiques constitue donc une étape décisive, mais aussi potentiellement source de nouvelles discussions quant à l’interprétation des accords initiaux et leurs implications pour l’ensemble des carrières au sein de la justice sénégalaise.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici