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295 milliards FCFA coupés : Ahmadou Al Aminou Lo défie Pastef sur la LFR 2026

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Une véritable secousse politique agite le paysage sénégalais, cristallisée par le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026. La Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a jeté un pavé dans la mare en repoussant ce texte crucial. Cette décision a provoqué une réaction immédiate et vigoureuse du Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, plaçant l’exécutif face à un défi parlementaire sans précédent.

Les coupes budgétaires : une « saignée sociale » au cœur des débats

Au cœur de cette discorde, des chiffres qui donnent le tournis. Le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo a en effet procédé à l’annulation de 295,59 milliards de FCFA de crédits d’investissement. Cette opération d’ajustement budgétaire, qualifiée de « brutale » par certains, touche des secteurs vitaux pour le développement du pays. Les projets concernés incluent des initiatives adossées au PRES, ainsi que des programmes essentiels pour la santé, les agropoles, les universités et une infrastructure hydrique stratégique comme le Grand Transfert d’Eau.

Face à ce que les députés du Pastef décrivent comme une « saignée sociale inhumaine », leur réponse fut un rejet catégorique du texte. Ils exigent une transparence totale et des comptes précis sur une gestion qu’ils estiment « chaotique », reprochant au gouvernement des choix qui impactent directement la population sénégalaise.

La réplique du Gouvernement : entre dialogue et avertissement

Dimanche, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo n’a pas mâché ses mots. Il a farouchement défendu les arbitrages budgétaires réalisés, soulignant qu’ils étaient nécessaires pour l’exécution du budget en cours. Loin de plier, il a interpellé les parlementaires, les invitant à présenter des amendements formulés de manière précise, plutôt que d’opter pour un rejet pur et simple sans propositions de corrections.

Dénonçant ce qu’il perçoit comme un « blocage » et une « attitude d’obstruction » de la part de la majorité parlementaire du Pastef, le chef du gouvernement a néanmoins réaffirmé sa volonté d’ouvrir un dialogue. Il a par ailleurs mis en garde contre les potentielles conséquences désastreuses d’un refus de la LFR 2026, évoquant des répercussions directes sur le monde des entreprises et les emplois des salariés. Le Premier ministre a également rappelé que le Pastef avait voté la loi de finances initiale (LFI) pour 2026, et que la LFR n’apportait que des corrections, s’appuyant même sur l’article 82 de la Constitution pour étayer sa position.

Alors que la séance plénière est prévue pour ce mardi 27 octobre, les députés du Pastef maintiennent leur pression. Ils exhortent l’équipe gouvernementale à assumer pleinement ses décisions devant l’Assemblée nationale et ont même appelé le Premier ministre à engager la responsabilité de son gouvernement par un vote de confiance. L’issue de ce bras de fer déterminera non seulement l’avenir de la LFR 2026, mais aussi la dynamique des relations entre l’exécutif et le législatif pour les mois à venir.

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