Si les querelles entre le pouvoir exécutif et le législatif s’intensifient, le pays risque de voir ses projets d’investissement ralentir, la création d’emplois freiner, les services publics s’affaiblir et son image à l’étranger ternir. C’est ce que redoute le parti AG JOTNA, qui, dans un communiqué daté du 23 octobre, a lancé un appel ferme au président de l’Assemblée nationale.
Le rôle crucial du Parlement dans la démocratie sénégalaise
Selon le texte officiel, l’Assemblée doit garantir le débat ouvert, contrôler les actions du gouvernement et enrichir les projets de loi. Ces missions supposent que les divergences soient discutées, non transformées en impasses. Fatou Cissé Goudiaby a rappelé que l’initiative législative ne revient ni exclusivement à l’exécutif ni au législatif, mais qu’elle s’inscrit dans le cadre constitutionnel et le règlement intérieur de la Chambre.
Quand les désaccords deviennent des blocages : le cas des articles L29 et L30
Le différend autour des réformes des articles L29 et L30 illustre le danger d’un parlement qui se transforme en obstacle. Le protocole de la CEDEAO sur la démocratie exige que toute modification substantielle du code électoral dans les six mois précédant un scrutin obtienne le soutien d’une large majorité. Le calendrier évoqué placerait les élections à huit mois, rendant le débat parlementaire indispensable, mais sa conduite et la recherche d’un consensus sont tout aussi essentielles que son ouverture.
Les avertissements d’AG JOTNA et les attentes du Secrétariat national des cadres
AG JOTNA associe les blocages à des risques concrets : décélération des investissements, frein à la création d’emplois, affaiblissement des services publics et atteinte à la réputation du Sénégal auprès de ses partenaires. Le Secrétariat national des cadres estime que le président de l’Assemblée, considéré comme le deuxième poste de l’État, doit piloter les discussions avec neutralité et placer l’intérêt national au‑delà des ambitions de parti. Le parti souligne que les responsabilités politiques ne doivent pas servir à instrumentaliser l’institution parlementaire et réaffirme son soutien aux réformes engagées par le gouvernement.
En définitive, la mise en garde d’AG JOTNA rappelle que la stabilité institutionnelle est un levier indispensable pour le développement économique et social du Sénégal. Si le président de l’Assemblée accepte de recentrer les débats sur l’intérêt général, le pays pourrait éviter un glissement vers l’impasse politique et préserver la confiance des investisseurs et des citoyens.



