Accueil SOCIÉTÉ Collectif Féministe exige l’action : 13 vies de femmes arrachées au Sénégal

Collectif Féministe exige l’action : 13 vies de femmes arrachées au Sénégal

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Le Sénégal est de nouveau confronté à l’horreur des violences faites aux femmes, avec deux nouveaux cas présumés de féminicides qui viennent alourdir un bilan déjà tragique. Aminata Sy, à Podor, et Mame Diarra, à Thiès, rejoignent la longue liste des victimes de cette spirale macabre. Ces drames, où les deux jeunes femmes auraient été tuées par leurs petits amis dans des circonstances effroyables, portent à treize le nombre de féminicides médiatisés depuis le début de l’année dans le pays. Pour le Collectif des Féministes au Sénégal, cette succession tragique n’est pas une fatalité mais le symptôme d’une société qui doit se regarder en face et agir sans délai.

L’urgence de nommer et de briser le silence

Le Collectif des Féministes au Sénégal sonne l’alarme, dénonçant avec force cette vague ininterrompue de violences. Aminata Sy et Mame Diarra sont désormais les 12ème et 13ème visages de ce triste inventaire, des vies fauchées brutalement, Mame Diarra laissant même une petite fille derrière elle. Face à l’indicible douleur des familles et des proches, l’organisation insiste : il est impératif de nommer ces crimes pour ce qu’ils sont – des féminicides – et de cesser de les banaliser. Le message est clair et sans équivoque : « L’amour ne tue pas. La violence masculine tue. » Cette affirmation cruciale vise à déconstruire l’idée fausse du « drame passionnel », insistant sur sa nature criminelle, engendrée par des mécanismes de domination, d’emprise et de possession.

Démonter les racines de la violence masculine

Au-delà du simple constat des chiffres, le Collectif des Féministes appelle à une réflexion profonde sur les causes sous-jacentes de ces violences. Il s’agit de s’attaquer aux racines patriarcales qui non seulement tolèrent, mais parfois encouragent, de tels agissements. La déconstruction des normes sociales qui banalisent la violence masculine est présentée comme une étape essentielle. L’organisation plaide pour un travail de prévention intensif auprès des hommes, afin de combattre les comportements toxiques et la culture de la domination qui gangrènent certaines relations. Les institutions sont interpellées pour engager un véritable changement, avant que d’autres existences ne soient brisées.

L’organisation martèle sa détermination : combien d’autres femmes devront-elles mourir avant que des mesures décisives et tangibles ne soient prises ? Le refus de voir ces morts devenir de simples faits divers, la lutte contre la banalisation, et l’exigence d’une reconnaissance officielle du féminicide sont au cœur de leur combat. Le Collectif réclame une protection effective des femmes et des filles, une prévention proactive des violences et une réponse institutionnelle ferme. Pour ces activistes, les vies des femmes ne sont pas négociables, et le féminicide n’est absolument pas une fatalité. Le temps est venu d’agir.

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