La mort violente d’un artisan du bijou a profondément perturbé le quotidien des vendeurs du quartier de Mbao, où la crainte d’une récidive plane désormais sur chaque boutique.
Une onde de choc dans le quartier
Vers vingt‑une heures le 17 octobre, les forces de l’ordre ont été informées de la découverte d’un corps sans vie dans une bijouterie située au rez‑de‑chaussée d’un immeuble voisin d’une blanchisserie. L’homme, identifié comme Modou Khabane Guèye, âgé de cinquante‑cinq ans, présentait une plaie profonde à la tête ainsi que des contusions aux membres, signes d’une lutte acharnée.
Les techniciens de la police scientifique ont relevé des traces sanglantes sur les parois, confirmant la violence du fait. La porte de l’établissement demeure fermée, protégée par de lourdes barres métalliques, tandis que les riverains observent l’endroit depuis la vitrine, encore sous le choc.
Des commerçants en état d’alerte
Les marchands voisins racontent leurs nuits blanches et les mesures d’urgence prises depuis l’incident. La gérante d’un point de transfert d’argent, qui a préféré rester anonyme, explique avoir renforcé les grilles de son comptoir malgré la présence de caméras, craignant les regards indiscrets de certains clients.
Pape Sylla, responsable d’une boutique adjacente, décrit son collègue décédé comme un homme discret, généreux, habituel des prières du vendredi à la mosquée. Il se souvient de l’instant où, alerté par le responsable de la blanchisserie, il s’est précipité vers la vitrine et n’a vu que les pieds du défunt, verrouillés derrière la porte.
Exigences d’une protection renforcée
Le collectif des bijoutiers du Sénégal, représenté par Moussa Niang, a dénoncé l’absence de mesures de sécurité adéquates, rappelant que les cambriolages restent fréquents mais que jamais un meurtre d’une telle brutalité n’avait eu lieu dans un lieu de travail. Le groupe prévoit de solliciter le procureur de la République et le ministère de l’Intérieur afin d’obtenir un renforcement des patrouilles dans les zones à forte concentration d’artisans du métal précieux.
Parmi les propositions avancées figurent la création de lignes d’urgence dédiées aux commerçants et la facilitation du port d’armes pour les professionnels, afin de dissuader d’éventuels agresseurs.
Alors que la communauté de Mbao tente de retrouver un semblant de normalité, la mort de Modou Khabane Guèye reste un rappel brutal des failles sécuritaires qui menacent les petites entreprises, poussant les acteurs locaux à réclamer une réponse rapide de l’État.



