La quête de transparence et de bonne gouvernance prendra une tournure décisive à l’Assemblée nationale sénégalaise au cours de la dernière semaine d’octobre 2026. Du 26 au 30 octobre, l’institution législative ouvrira ses portes à une série d’interrogatoires menés par deux commissions d’enquête parlementaires, chargées de lever le voile sur des allégations de manquements graves dans la gestion des ressources nationales essentielles : le patrimoine foncier et les droits de pêche.
Enjeux fonciers et littoral : des édiles sous pression
La première de ces commissions se penchera avec acuité sur les « manquements sévères » observés dans l’administration des lotissements ainsi que sur l’épineuse question du domaine public maritime. Cette investigation promet de faire la lumière sur des pratiques controversées et des décisions ayant pu impacter l’intégrité du territoire et l’accès des populations aux côtes.
Le coup d’envoi de ces travaux sera donné le lundi 26 octobre. De 8h30 à 10h, les regards seront braqués sur trois maires de localités stratégiques. Sont ainsi attendus Maguèye Ndiaye, édile de Ngor, Seydina Issa Laye Samb de Yoff, et Abdoul Aziz Gueye, à la tête de la commune de Ouakam. Leur témoignage est jugé essentiel pour comprendre les dynamiques locales de l’utilisation des sols.
Le mercredi 28 octobre, de 10h30 à 12h, la commission poursuivra ses investigations en recevant des représentants de la société civile. Moussa Sène et Youssoupha Ciss, membres du collectif œuvrant pour la défense des intérêts des villages affectés par l’expansion du pôle urbain de Daga-Kholpa, feront part de leurs préoccupations et des impacts subis par les communautés.
Pêche maritime : l’ombre des licences au-dessus d’anciens responsables
Parallèlement, une seconde commission s’attaquera à un dossier tout aussi sensible : les conditions d’attribution et de reconduction des licences de pêche, un secteur vital pour l’économie et la souveraineté alimentaire du Sénégal, souvent émaillé de controverses.
Les parlementaires interrogeront Mamadou Goudiaby le jeudi 29 octobre, entre 10h30 et 12h. En sa qualité d’ancien directeur des Pêches maritimes, fonction qu’il a occupée de février 2015 à juin 2020, il devra s’expliquer sur les décisions prises durant son mandat.
Point d’orgue de cette série d’auditions, Dr Fatou Diouf est convoquée le vendredi 30 octobre, de 15h à 17h. L’ancienne ministre chargée de la Pêche, en poste d’avril 2024 à juin 2026, est invitée à éclaircir les politiques et les cadres réglementaires ayant prévalu sous sa tutelle, dans un contexte de forte attente citoyenne sur la gestion de cette ressource marine.
Ces convocations des commissions parlementaires marquent une étape significative dans l’engagement de l’Assemblée nationale à garantir la transparence et l’intégrité de l’action publique. Les révélations attendues au cours de cette semaine pourraient non seulement apporter des réponses cruciales aux citoyens mais aussi jeter les bases de réformes structurelles pour une meilleure gouvernance du foncier et des ressources halieutiques du pays.



