Alors que les rues de Dakar étaient submergées par des pluies record, la décision de ne pas activer le dispositif d’urgence national a déclenché un débat sur la capacité de l’État à protéger les populations. Mouhamadou Makhtar Cissé a déclaré que les équipements déjà déployés étaient suffisants, une position qui soulève des questions sur la gestion des crises climatiques au Sénégal.
Motifs du refus du plan ORSEC
Selon le ministre, la décision a été prise après de longues discussions avec les services techniques et les experts. Il a rappelé que les prévisions météorologiques annonçaient une cessation des pluies aux alentours du 14 octobre. Dans ce contexte, les pompes installées auraient pu absorber les eaux résiduelles, rendant superflu le recours à un commandement supplémentaire.
Le responsable a également souligné que déclencher l’ORSEC aurait introduit une couche de coordination supplémentaire, sans garantir une amélioration de l’efficacité opérationnelle. Il a préféré laisser la supervision à l’actuel comité national chargé des inondations, présidé par le ministre de l’Environnement.
Les moyens déjà mobilisés sur le terrain
Le 5 octobre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a réuni les services concernés et lancé le Plan d’urgence régional de Dakar, créant un comité de veille. La Brigade nationale des sapeurs‑pompiers, l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) et d’autres acteurs avaient déjà déployé des pompes et des équipes de secours.
Des drones ont été employés pour cartographier les zones touchées, tandis que le lendemain, une visite de terrain a permis de vérifier le bon fonctionnement du dispositif de pompage.
Enjeux financiers et problèmes d’urbanisme
Le même jour, le Premier ministre a annoncé une enveloppe de 921 milliards de francs CFA destinée à renforcer les réseaux de drainage et à aménager les bassins de rétention. Cette somme vise à corriger les faiblesses révélées par les crues, notamment dans les quartiers où des constructions illégales ont proliféré.
Le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, a pointé du doigt les fonctionnaires qui auraient autorisé l’implantation d’habitations dans des zones de captage, citant le témoignage de Abdoulaye Makhtar Diop, Grand Serigne de Dakar et ancien ministre. Malgré ces critiques, le ministre Cissé a rappelé que l’État devait accompagner les résidents de ces zones.
En définitive, la décision de ne pas activer l’ORSEC a mis en lumière les dilemmes entre rapidité d’action et efficacité des structures existantes. La capacité à anticiper de futurs épisodes de fortes pluies dépendra désormais de la mise en œuvre du financement annoncé et de la régularisation de l’urbanisme dans les zones à risque.



