Le Sénégal se trouve à un carrefour énergétique crucial. Alors que l’ambition d’une couverture électrique intégrale d’ici 2029 prend corps, un défi colossal demeure : illuminer les 6 471 localités qui vivent encore dans l’obscurité. Cette mission, estimée à près de 400 milliards de francs CFA au-delà des initiatives déjà lancées, constitue l’épine dorsale de la stratégie portée par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et son directeur général, Pape Momar Ngom.
Une approche diversifiée pour des défis spécifiques
Pour atteindre l’objectif national de désenclavement énergétique, l’ASER déploie une stratégie à plusieurs volets. Elle inclut le prolongement des réseaux existants, la mise en place de centrales solaires connectées à des réseaux de distribution locaux, ainsi que l’installation de dispositifs solaires autonomes destinés aux habitations les plus isolées. Ces solutions décentralisées s’avèrent particulièrement pertinentes là où la connectivité au réseau classique s’avère prohibitive en termes de coûts et d’infrastructures, offrant ainsi éclairage et alimentation pour divers appareils domestiques essentiels.
Saint-Louis, laboratoire d’une électrification novatrice
C’est dans cette optique que Pape Momar Ngom s’est rendu dans la région de Saint-Louis, le jeudi 22 octobre 2026. Accompagné de représentants de la Compagnie maroco-sénégalaise d’électricité (Comasel), le concessionnaire de la zone, il a évalué les installations des hameaux de Bouh Minguene et Khelcom Diaw, situés dans la commune de Gandon. Cette visite avait pour but de comprendre le fonctionnement de ces dispositifs et d’étudier leur potentiel de réplication dans d’autres localités isolées. Les discussions avec les résidents ont permis d’apprécier les bienfaits de ces équipements tout en identifiant les obstacles rencontrés sur le terrain.
L’urgence d’une collaboration nationale et le coût de la lumière
La démarche actuelle à Gandon s’inscrit dans une série d’efforts d’électrification rurale menés à travers le pays. Il est à noter qu’en juin 2026, l’ancien directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, avait déjà inauguré l’accès à l’électricité dans six communes de Kaffrine, marquant ainsi une étape précédente de ce vaste chantier. Consciente de l’ampleur du travail, l’ASER insiste sur la nécessité d’impliquer les autorités administratives, comme l’a rappelé le DG lors de son entretien avec le préfet de Saint-Louis. Cet engagement collectif est jugé indispensable pour la bonne marche des programmes, l’accès à l’énergie étant un pilier de l’amélioration des conditions de vie, notamment dans des zones où les infrastructures sont encore lacunaires. La mobilisation financière reste également un point central ; bien que des bailleurs aient évoqué des contributions dépassant les 800 milliards de francs CFA lors d’une récente table ronde, les modalités de concrétisation de ces promesses demandent encore à être précisées.
L’ambition de l’ASER est claire : transformer le quotidien de milliers de familles sénégalaises en leur offrant la lumière et l’accès à des services essentiels. Le pari sur les solutions solaires individuelles, adapté aux réalités des villages les plus dispersés, représente une voie prometteuse pour combler le déficit énergétique et inscrire le Sénégal dans une dynamique de développement inclusif.



