La révision budgétaire de 2026 secoue le paysage économique sénégalais, révélant une hausse inattendue des charges liées à la « dette cachée » et des coupes drastiques dans les investissements publics. Face à cette situation préoccupante, le mouvement FRAPP monte au créneau, exigeant une transparence totale et la publication du rapport Mazars, au cœur des controverses sur l’origine et la gestion de ce passif financier.
La « dette cachée » s’alourdit, les investissements trébuchent
Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026 prévoit une augmentation significative des montants dédiés au remboursement du principal de la « dette cachée ». Alors que le budget initial fixait cette charge à 516,32 milliards de FCFA, le projet rectificatif la porte désormais à 629,12 milliards de FCFA. Cet accroissement, de l’ordre de 112,8 milliards de FCFA, intervient dans un contexte de forte tension budgétaire.
Cette réaffectation des ressources s’accompagne en effet d’une réduction substantielle des enveloppes destinées aux investissements de l’État, amputées de 555 milliards de FCFA. Parallèlement, les recettes budgétaires sont elles-mêmes revues à la baisse de 340,1 milliards de FCFA, soit une diminution de 5,5 %. Le FRAPP dénonce une politique d’austérité qui fragilise des secteurs vitaux comme l’assainissement, les infrastructures, les transports et l’éducation, à l’heure où les besoins sociaux sont criants et les inondations récurrentes.
FRAPP sonne l’alarme : justice et parlement interpellés
L’organisation anti-impérialiste ne transige pas sur l’opacité entourant ces chiffres. Elle réclame des informations détaillées sur les créances concernées et l’identité de leurs bénéficiaires, s’interrogeant sur le maintien des intérêts à 78,92 milliards de FCFA, tandis que le principal du remboursement s’envole. Le FRAPP a déjà alerté le Procureur de la République financier et sollicité le Pôle judiciaire et financier sur l’avancement de l’enquête confiée à la Division des investigations criminelles, insistant sur l’urgence d’identifier les créanciers et de clarifier l’origine de ces sommes.
La controverse gagne également l’hémicycle. Vingt-quatre heures après l’accord financier de 1 243 milliards de FCFA conclu avec le FMI, le député de la majorité Amadou Ba a annoncé une enquête parlementaire sur cette même « dette cachée », évoquant un montant vertigineux de 7 000 milliards de FCFA, prétendument supérieur au budget annuel de l’État. Cette déclaration vient renforcer les exigences de transparence du FRAPP, qui appelle les députés à faire de la lumière sur ces questions un point prioritaire des débats sur le PLFR 2026, avant tout vote des crédits supplémentaires.
Au-delà des ajustements comptables, c’est l’avenir des politiques publiques et la confiance des citoyens qui sont en jeu. La clarification de la « dette cachée » et la divulgation du rapport Mazars sont désormais des impératifs pour garantir la bonne gouvernance et assurer que les choix budgétaires répondent réellement aux besoins du peuple sénégalais.



