Le débat autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 prend une tournure houleuse, exacerbée par les déclarations incisives d’Aldiouma Sow. Ministre-conseiller à la Présidence et figure de Kiiraay – Les Patriotes Républicains, Sow a lancé une attaque frontale contre Ousmane Sonko, président de Pastef, pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une démarche opportuniste. Le refus annoncé par Sonko de soutenir le texte budgétaire est désormais au cœur d’une vive polémique, avec des accusations de mise en péril de l’économie nationale pour des motifs strictement personnels.
Intérêts personnels contre bien commun : un pari risqué pour les Sénégalais ?
Dans un communiqué au titre provocateur, « Le masque du gourou tombe enfin », Aldiouma Sow affirme que la posture d’Ousmane Sonko concernant la LFR 2026 n’est en rien une surprise. Il allègue que des manœuvres dilatoires auraient été mises en œuvre dès juin afin de différer le dépôt du projet de loi devant l’Assemblée nationale. Selon le ministre-conseiller, la décision de Sonko découle de considérations très individuelles, étroitement liées à son départ récent de la Primature. Cette obstination à rejeter un document budgétaire essentiel pourrait, selon Sow, entraîner des conséquences graves pour la population, notamment des difficultés dans le règlement des salaires des fonctionnaires et des risques de licenciements économiques pour les entreprises.
« Prétendre défendre le peuple tout en orchestrant le rejet d’un texte budgétaire vital est une hypocrisie flagrante », a asséné Aldiouma Sow, dénonçant un double discours. Il met en garde contre un blocage budgétaire qui pénaliserait directement les ménages et l’activité économique du pays.
Affirmation institutionnelle et rejet de la « stratégie » du dialogue
Au-delà de la critique des motivations de l’ancien Premier ministre, Aldiouma Sow a rappelé la robustesse des mécanismes institutionnels sénégalais. Il a souligné la capacité de l’État à garantir sa continuité, même face à un potentiel blocage parlementaire, en s’appuyant sur l’équilibre des pouvoirs et les prérogatives de l’Exécutif. Pour Aldiouma Sow, l’invitation au dialogue lancée par Ousmane Sonko n’est qu’une manœuvre politique, dénuée de sincérité, visant à masquer une intention de nuire à la stabilité.
Cette divergence profonde révèle la tension palpable qui entoure les pourparlers autour de ce projet de loi de finances rectificative, crucial pour la gestion des affaires publiques et le développement. La position d’Aldiouma Sow est claire : la priorité doit être donnée à la pérennité et à l’efficacité des institutions face aux stratégies partisanes.
La charge d’Aldiouma Sow contre Ousmane Sonko sonne comme un avertissement sur les risques d’une politisation excessive des dossiers économiques. Alors que le Sénégal attend une résolution rapide sur le budget rectificatif, cette bataille sémantique et politique entre deux personnalités de premier plan met en lumière les enjeux complexes et parfois douloureux pour le quotidien des citoyens. La formule finale du ministre-conseiller, « La République vaincra ! », résume une volonté farouche de préserver la stabilité du pays face aux turbulences politiques.



