Le paysage judiciaire sénégalais a été marqué ce lundi 19 octobre 2026 par une communication officielle de Me Moussa Sarr, le ministre de la Justice. Devant les journalistes, le responsable de la chancellerie a dévoilé une avancée significative dans le dialogue avec les greffiers, affirmant que près de la totalité – 90% très précisément – des clauses de leur protocole d’accord avait été honorée. Une nouvelle rassurante en apparence, qui masque toutefois un point de discorde fondamental, le reclassement, qui continue d’entraver une résolution définitive.
Les avancées notables de l’accord
Lors de sa prise de parole publique, Me Moussa Sarr a tenu à souligner l’engagement gouvernemental. Le Garde des Sceaux a précisé que les dispositions initiales, issues des négociations avec les représentants des greffiers, avaient été appliquées en très grande majorité. Cet aboutissement partiel témoigne d’une volonté manifeste de répondre aux attentes légitimes des corps de la justice, en concrétisant une portion substantielle des revendications exprimées. L’exécution de 90% des termes de l’accord représente une étape considérable, témoignant de la bonne foi des parties et du chemin parcouru vers l’apaisement social au sein de l’appareil judiciaire.
Le reclassement : un nœud gordien persistant
Malgré ces progrès chiffrés encourageants, un élément crucial persiste comme un obstacle infranchissable : la réintégration professionnelle. Le reclassement des greffiers constitue le dernier mais non le moindre des défis à surmonter. Ce dossier spécifique, complexe et lourd de conséquences, implique une refonte des grilles salariales et des positions hiérarchiques. Il touche à la reconnaissance de l’ancienneté, de l’expérience et des qualifications. L’impossibilité de s’accorder sur ce point unique freine la finalisation complète de l’entente et entretient une certaine frustration au sein de cette profession essentielle au fonctionnement des tribunaux.
L’annonce du 19 octobre 2026 par Me Moussa Sarr met en lumière un paradoxe : une quasi-réalisation des promesses face à une difficulté tenace. Pour les greffiers, cette dernière étape représente plus qu’une simple formalité administrative ; elle est la clé de leur dignité professionnelle et d’une reconnaissance attendue. La balle est désormais dans le camp de toutes les parties prenantes pour dénouer ce différend ultime, garantissant ainsi une paix sociale durable et une efficacité accrue du système judiciaire, pierre angulaire de notre État de droit.



