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Aliou Ndao Fall exhorte Diomaye Faye à rétablir le Sénat pour éteindre les crises

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Au cœur des récentes secousses politiques sénégalaises, une voix s’élève pour proposer une refonte profonde des institutions. Aliou Ndao Fall, membre du SEN/APR, lance un appel appuyé au président Bassirou Diomaye Faye. Sa conviction : le rétablissement d’une seconde chambre parlementaire, le Sénat, serait une solution pérenne aux déséquilibres de pouvoir qui agitent actuellement le pays, et devrait figurer au cœur du prochain référendum.

Un contrepoids institutionnel face aux turbulences

Pour Aliou Ndao Fall, la structure actuelle du système institutionnel, marquée par une concentration du pouvoir législatif dans une assemblée unique, est devenue une source de tensions récurrentes. Il défend l’idée qu’un Sénat permettrait d’assurer une meilleure représentation des collectivités territoriales, des régions et des diverses catégories socioprofessionnelles, actuellement sous-représentées. Au-delà de cette mission de représentation, une seconde chambre parlementaire offrirait un espace de médiation essentiel, capable de modérer l’examen des lois et d’éviter les excès inhérents à un système monocaméral.

Le Sénat, rappelé par Ndao Fall, a été supprimé en 2012. L’institution consultative qui lui a succédé, le Haut Conseil des collectivités territoriales, ne possède pas, selon lui, la même nature parlementaire et donc le même poids dans l’équilibre démocratique. Le membre du SEN/APR plaide également pour la réhabilitation du Conseil économique et social, affirmant que ces deux retours sont cruciaux pour une architecture étatique robuste.

Les récents épisodes qui fragilisent l’Exécutif

La proposition d’Aliou Ndao Fall s’inscrit dans un contexte institutionnel délicat. La révocation du Premier ministre Ousmane Sonko, intervenue le 22 mai, a paradoxalement placé le président Bassirou Diomaye Faye en situation de cohabitation avec sa propre formation politique, le Pastef. La majorité écrasante de 130 députés sur 165, acquise par le parti lors des législatives du 17 novembre 2024, s’est muée en opposition parlementaire. Le retour annoncé d’Ousmane Sonko à son siège de député, prévu pour le 26 mai, a accentué cette dynamique.

Face aux incertitudes concernant cette réintégration et aux différentes décisions qui ont bousculé le fonctionnement des institutions, Bassirou Diomaye Faye a sollicité l’avis du Conseil constitutionnel avant la séance plénière. Pour Aliou Ndao Fall, cette séquence est une illustration éloquente des frictions successives entre le chef de l’État, le Premier ministre et la direction de l’Assemblée nationale, rendant urgent un renforcement des mécanismes de contrôle et d’équilibre.

Un appel pour l’équilibre des pouvoirs à la Montesquieu

Aliou Ndao Fall insiste sur la nécessité de rétablir un réel équilibre entre les trois pouvoirs – Exécutif, Législatif, Judiciaire – principes qu’il attribue à Montesquieu. Il invite le président de la République, gardien de la Constitution, à restaurer ces institutions. Il réfute toute comparaison avec la crise politique de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, soulignant que les deux épisodes sont distincts et sans similitudes, notamment parce que Mamadou Dia n’avait jamais visé la fonction présidentielle de Senghor. L’objectif déclaré d’Aliou Ndao Fall est clair : doter le Sénégal d’une structure institutionnelle plus résiliente, capable d’amortir les chocs politiques et de garantir une meilleure gouvernance.

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