La proposition de faire passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans vient de provoquer une nouvelle onde de choc dans le paysage politique sénégalais. Portée par Arona Ndoffène Diouf, jadis ministre-conseiller sous la présidence de Macky Sall, cette initiative a rapidement alimenté un vif débat, confrontant les aspirations individuelles aux fondamentaux constitutionnels de la République. L’analyste politique Abdoulaye Mbow, interrogé sur cette sortie, n’y voit pas une démarche politique de fond, mais plutôt une tentative délibérée de capter l’attention du nouveau chef de l’État.
Une idée controversée et une réplique cinglante
« Si Kiiiray obtient la majorité à l’Assemblée nationale, je proposerai au président Bassirou Diomaye Faye l’augmentation de la durée du mandat de 5 à 7 ans », avait formulé Arona Ndoffène Diouf. Cette déclaration a immédiatement suscité l’indignation et a contraint les cadres de la mouvance Kiiiray à clarifier leur position. Pour Aminata Touré, une responsable de Kiiiray, le temps du mandat présidentiel constitue un principe inaltérable, qui ne saurait faire l’objet de vaines spéculations. Son rappel insiste sur la sacralité des dispositions constitutionnelles qui encadrent cette durée.
L’opportunisme politique en toile de fond
Abdoulaye Mbow, dont les analyses sont souvent suivies, est catégorique : la motivation derrière une telle suggestion découle d’une stratégie purement personnelle. « Celui qui a théorisé cela veut juste se faire remarquer par Diomaye Faye », affirme l’expert, soulignant que de telles questions sont strictement définies par la Constitution et ne peuvent être modifiées à la légère. Il s’interroge, par ailleurs, sur l’influence réelle d’Arona Ndoffène Diouf, décrivant un acteur politique avec une représentativité jugée limitée.
Un repositionnement post-régime de Macky Sall
L’historique politique d’Arona Ndoffène Diouf, marqué par un passage dans l’administration de l’ancien régime de Macky Sall avant un rapprochement avec l’opposition, nourrit également cette interprétation de repositionnement. Selon Abdoulaye Mbow, cette prise de parole s’inscrit dans une logique où l’ambition est de s’offrir une visibilité auprès de l’actuelle présidence. « Aujourd’hui, il veut se faire remarquer », martèle l’analyste, mettant en lumière la dynamique complexe des allégeances et des stratégies individuelles dans le jeu politique sénégalais.
Cette controverse met en exergue les défis de la stabilité institutionnelle face aux tentatives de révision des fondamentaux républicains. Elle soulève également des questions sur la place de l’opportunisme dans la sphère politique, où la recherche d’attention peut parfois éclipser la pertinence des propositions.



