Accueil POLITIQUE OFNAC : 558 déclarations seulement, les défaillants risquent 4 ans de prison

OFNAC : 558 déclarations seulement, les défaillants risquent 4 ans de prison

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La sonnette d’alarme retentit au sein de l’administration sénégalaise. La date limite du 31 juillet 2026, arrêtée par l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) pour la déclaration de patrimoine des hauts responsables, est désormais franchie. L’institution, dirigée par Moustapha Kâ, s’apprête à passer à la vitesse supérieure face à un taux de conformité jugé alarmant : seulement 558 déclarations ont été reçues sur un total de 1 594 personnalités concernées.

Le défi persistant de la transparence publique

Le constat est cinglant. À la mi-juillet, les données divulguées par Ndarinfo révélaient que moins d’un tiers des individus soumis à cette obligation légale avaient rempli les formalités. Moustapha Kâ, le président de l’OFNAC, a qualifié ce taux de « très faible », soulignant l’ampleur du défi. Plus préoccupant encore, huit entités ministérielles et diverses institutions de l’ancien gouvernement, dissous le 22 mai 2026, n’avaient toujours pas communiqué leurs listes nominatives mises à jour, entravant le processus de vérification de l’Office.

Les responsables concernés par cette exigence sont nombreux : ils incluent les dirigeants des principales institutions de la République, les parlementaires, les membres du gouvernement, les magistrats des cours et tribunaux, ainsi que les corps de contrôle et d’inspection, qu’ils soient civils ou militaires. Le processus de dépôt était pourtant simple, pouvant être effectué directement au siège de l’OFNAC à Mermoz Pyrotechnie ou par envoi postal sous pli confidentiel.

Sanctions imminentes : de la prison à l’exclusion

L’OFNAC ne compte pas en rester là. Dès le 1er août, une nouvelle phase s’ouvre, celle du « name and shame ». Selon des informations relayées par Les Échos, l’institution rendra publique la liste des personnalités n’ayant pas déclaré leur patrimoine. Cette démarche vise à exercer une pression publique sur les défaillants, mais les conséquences pourraient être bien plus graves.

La loi n° 2025-13 du 3 septembre 2025 et son décret d’application n° 2025-1835 du 18 novembre 2025 encadrent strictement cette obligation. Les personnes récalcitrantes s’exposent à un éventail de sanctions : pénales, administratives et pécuniaires. La législation prévoit notamment une retenue partielle sur le salaire, une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique, et des peines de prison pouvant aller jusqu’à quatre ans. L’OFNAC est donc armé de bases juridiques solides pour engager des poursuites à l’encontre des contrevenants.

Cette offensive de l’OFNAC marque un tournant crucial dans la lutte contre la corruption au Sénégal. La détermination de l’Office à appliquer la loi pourrait non seulement renforcer la transparence, mais aussi restaurer la confiance du public dans l’intégrité de ses dirigeants, en démontrant que personne n’est au-dessus des obligations légales.

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