Alors que l’intelligence artificielle s’immisce dans chaque recoin de la chaîne éditoriale, les auteurs sénégalais se retrouvent face à un dilemme inédit : adopter cet allié numérique ou le rejeter par peur de perdre l’âme de leurs récits.
Une technologie à apprivoiser, pas à craindre
Selon Ndeye Nogaye Babel Sow, l’IA doit être perçue comme un instrument de travail, non comme un monstre à bannir, à condition que son emploi reste limpide. Elle compare cette pratique à la prise d’un médicament : avant de le donner à son enfant, une mère vérifie la composition et les possibles effets secondaires. De même, l’auteur doit exercer un jugement éclairé avant d’intégrer l’IA dans son processus créatif.
Transparence et reconnaissance : les piliers d’une écriture hybride
L’écrivaine insiste sur le fait qu’un romancier qui s’appuie sur l’intelligence artificielle doit l’assumer ouvertement, afin d’éviter toute confusion chez le lecteur. Elle rappelle que la création d’un ouvrage mobilise plusieurs parties prenantes – l’auteur, le lecteur et la maison d’édition – et que l’éditeur joue un rôle crucial dans la relecture, l’évaluation du manuscrit, la mise en forme et la diffusion du livre.
Lorsque plusieurs mains participent à la rédaction, il est essentiel de rendre hommage à chaque contributeur. Certains projets littéraires, nés de collaborations de longue date, montrent que la reconnaissance du travail collectif doit être inscrite dans le processus de publication, et non laissée au hasard.
En définitive, Ndeye Nogaye Babel Sow invite la communauté littéraire à dépasser les appréhensions liées à l’IA et à envisager un futur où innovation technologique, clarté d’usage et valorisation du savoir‑faire humain cohabitent harmonieusement.



