Lorsque l’Assemblée a déclaré forfait à la version amendée du budget 2026, le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a immédiatement pointé du doigt le chef de l’État comme garant de la suite, relançant ainsi une dispute qui dépasse la simple question financière.
Le renvoi de la responsabilité au chef de l’État
Après le vote négatif, Cheikh Diba a affirmé que Bassirou Diomaye Faye interviendrait pour prendre les mesures nécessaires, sans préciser la nature de ces actions. Le ministre a reproché aux parlementaires d’avoir bloqué l’ouverture du débat, arguant que les Sénégalais demeuraient dans l’ignorance des ajustements prévus sur les recettes et les dépenses.
Conséquences pour les ménages et le dialogue public
Selon le porte-parole du gouvernement, la hausse des coûts énergétiques, aggravée par les tensions au Moyen‑Orient, justifie une révision massive des subventions. Le budget initial prévoyait 250 milliards de FCFA, tandis que les besoins actuels s’élèvent à 790,3 milliards, soit un supplément d’environ 540 milliards. Diba a souligné que ce rejet compromet l’accompagnement de la population par l’État et a qualifié d’« amalgame » les accusations de manque de soutien.
Il a également contesté les propos du député Amadou Ba, qui invoquait la sincérité budgétaire, en rappelant que ce sujet n’avait pas été débattu en commission et que le vrai désaccord porte sur le Plan de redressement économique et social (PRES).
Pressions extérieures et appel à la désescalade
Le ministre de l’Industrie, Serigne Guèye Diop, avait déjà dénoncé un éventuel blocage de la majorité parlementaire, prévenant que le président pourrait être contraint d’assumer ses responsabilités si la loi de finances n’était pas adoptée. Face à ce climat, Babacar Ba, ancien vice‑président de l’OFNAC, a exhorté le président à mettre fin à la « guérilla parlementaire » afin de préserver le bon fonctionnement des institutions.
Le rejet a donc non seulement suspendu le débat budgétaire, mais a également mis en lumière une lutte de pouvoir qui pourrait affecter la mise en œuvre des réformes économiques et sociales prévues pour les Sénégalais.
À moyen terme, la capacité du gouvernement à sécuriser les financements nécessaires pour les subventions énergétiques et le PRES dépendra de la façon dont le président interviendra pour débloquer le conflit institutionnel.



