Lors de la session plénière du 3 novembre, le parlementaire Abdou Mbow a levé le voile sur ce qu’il qualifie de falsification du compte‑rendu présenté par le rapporteur général de la commission budgétaire, Mady Danfakha. Selon lui, la manipulation du document menace la crédibilité de l’institution législative.
Une LFR 2026 sous le feu des critiques
Le projet de loi de finances rectificative 2026 prévoit une réduction de 555 milliards de FCFA dans les dépenses d’investissement de l’État, tout en augmentant le remboursement du principal d’une dette qualifiée de « cachée ». Le montant inscrit passe de 516,32 milliards à 629,12 milliards, soit un supplément de 112,8 milliards. Cette hausse alimente les interrogations du mouvement anti‑impérialiste FRAPP, qui réclame des éclaircissements et la publication du rapport Mazars.
Le ministre Diba conteste le récit de la commission
Avant l’intervention de Mbow, le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a estimé que le document ne reflétait pas fidèlement les échanges. Il a notamment remis en cause la mention de débats prolongés sur des projets hospitaliers à Bakel, Saint‑Louis, Mbour, Ziguinchor et Kaolack, affirmant que ces sujets n’avaient été évoqués qu’une fois, dans le cadre des crédits. Le ministre a aussi contesté le compte‑rendu des discussions relatives aux fonds spéciaux, précisant que les membres n’avaient jamais abordé le renvoi du texte à une loi organique ni la conformité à la hiérarchie des normes. Il a justifié l’absence d’amendements en indiquant que les précisions requises avaient déjà été transmises à l’Assemblée.
Défense de la commission et mesures proposées
Amadou Bâ, intervenant au nom des députés de la commission, a défendu le travail accompli et a demandé au gouvernement de ne pas déformer les propos de ses collègues. La présidence de séance a proposé de consulter les enregistrements audiovisuels officiels afin de vérifier le contenu des débats. La commission avait déjà rejeté le texte gouvernemental les 23 et 30 octobre. En plénière, la question préalable a été adoptée à 109 voix pour, 20 contre et 3 abstentions, entraînant le rejet du projet de loi n° 40/2026 sans discussion générale.
Cette polémique met en lumière les tensions croissantes autour du contrôle budgétaire et de la transparence financière, des enjeux qui pourraient remodeler les rapports de force au sein de l’Assemblée nationale.



