Une nouvelle impasse se dessine au cœur du Parlement sénégalais : le mouvement Pastef pointe du doigt une série d’obstacles imposés par le gouvernement, menaçant la capacité des députés à exercer leurs prérogatives constitutionnelles.
Blocage législatif : le reproche de Pastef
Selon le groupe, les propositions de loi qu’il a déposées rencontrent systématiquement des refus de la part de l’exécutif. Parmi les dossiers concernés, la réforme de la santé en milieu carcéral et les projets relatifs aux lois de finances sont régulièrement jugés « irrecevables », avant que le vote ne soit finalement bloqué. Pastef qualifie ces pratiques de stratégie d’obstruction et de retardement, soulignant un décalage entre les engagements affichés du gouvernement et ses actions concrètes.
Vers une refonte du financement parlementaire
Face à ce qu’il perçoit comme une manipulation budgétaire, le parti réclame la suppression des fonds politiques traditionnels. Il propose de les remplacer par des fonds spéciaux soumis au vote de l’Assemblée nationale, destinés à financer des opérations ultrasensibles, y compris des missions d’armement et des actions secrètes. Cette réforme, présentée comme un moyen de renforcer le contrôle parlementaire et d’accroître la transparence, vise à mettre fin à ce que Pastef décrit comme une utilisation abusive des ressources publiques.
Une confrontation qui menace l’équilibre institutionnel
Dans ses discours, le groupe n’hésite pas à employer les termes « gouvernement renié » et « gouvernement renégat » pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive autoritaire. Malgré ces tensions, Pastef affirme son intention de poursuivre l’exercice des prérogatives constitutionnelles des députés, notamment le vote des lois. Selon le média 24heureinfo, le 15 août 2026, l’Assemblée nationale, où Pastef détient une forte présence, a rejeté six amendements de l’exécutif concernant les crédits spéciaux, lors d’un débat distinct.
Si ces revendications aboutissent, elles pourraient remodeler le cadre financier du Parlement et redéfinir les rapports de force entre législatif et exécutif, avec des répercussions majeures pour la gouvernance du Sénégal.



