Alors que les foyers sénégalais redoutent une nouvelle coupure d’électricité, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a lancé un ultimatum aux syndicats de la Senelec : suspendre immédiatement la menace de grève en attendant la décision présidentielle sur la prime de performance.
Une contestation qui s’enracine dans les chiffres
Les travailleurs réclament le versement de la prime sur le résultat annuel bénéficiaire (PRAB), perçue l’an passé et aujourd’hui suspendue. Selon eux, cette indemnité constitue un droit acquis, fondé sur des comptes certifiés. Ils dénoncent l’introduction de nouveaux critères financiers, qu’ils jugent être un prétexte pour retirer le bénéfice.
Chronologie des tensions
Le 13 juillet, la Convergence syndicale des travailleurs de Senelec a appelé les employés à porter des brassards rouges sur tout le territoire, symbole d’une mobilisation croissante. Le ministre, arrivé à son poste le 1er juin, a découvert le dossier déjà en cours. Le président du conseil d’administration avait alors transmis au chef de l’État une demande d’augmentation de la prime, invoquant les performances de l’entreprise.
Les services de la présidence ont réagi en soulevant des questions techniques et financières, interrogeant la pertinence du paiement et les critères de performance à retenir. En réponse, le ministre a organisé plusieurs tables‑rondes incluant les syndicats, la direction générale de Senelec, la présidence et ses propres services. L’Association des professionnels du secteur (APS) indique qu’un consensus a émergé concernant les montants envisagés, la pertinence du versement et les suites à donner au dossier.
Ces conclusions ont été transmises au président de la République, seul habilité à statuer. À ce jour, aucune décision officielle n’a été annoncée. Le ministre précise que l’attente ne signifie ni un refus définitif, ni une acceptation automatique de la demande syndicale.
Conséquences pour les usagers
Dans son appel, Abdourahmane Diouf a rappelé aux travailleurs les perturbations majeures subies en septembre, qui ont interrompu le service public de l’électricité pendant 18 jours. Cette interruption a affecté des milliers de foyers, d’entreprises et d’établissements publics, soulignant l’enjeu crucial d’un accord rapide.
Le poids du débat dépasse le simple différend salarial : il touche à la stabilité du réseau électrique national, à la confiance des citoyens envers leurs institutions et à la capacité du gouvernement à gérer les crises énergétiques. La décision présidentielle à venir déterminera non seulement le sort de la prime, mais aussi la dynamique des relations entre l’État, la Senelec et ses employés.
En attendant, le ministre incite les syndicats à faire preuve de retenue, afin d’éviter une nouvelle suspension du courant qui pourrait raviver les tensions déjà palpables.



