L’Initiative pour une Politique de Développement (IPD) a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi au CICES de Dakar, dénonçant la quasi‑immobilité de la plateforme « Diomaye Président » depuis la naissance du parti Kiiraay. Le porte‑parole du bureau politique, Ibrahima Abou Nguéth, a rappelé que le parti avait signé la charte fondatrice le 11 mars 2024 et avait renouvelé son engagement lors de la nomination d’Aminata Touré comme superviseure.
Une coalition en suspens
Selon l’IPD, la création de Kiiraay aurait relégué la coalition « Diomaye Président » à l’état de « cessation d’activités », les instances qui la faisaient fonctionner disparaissant au profit du nouveau parti. Le groupe WhatsApp, autrefois lieu d’échanges pour plus de 400 formations, ne compterait aujourd’hui plus d’une trentaine de membres, les anciens administrateurs fusionnés continuant de contrôler cet espace, excluant ainsi les partis qui ont choisi de rester autonomes.
Le refus de la fusion comme stratégie
L’IPD précise que ne pas rejoindre Kiiraay ne signifie pas rompre avec le président Bassirou Diomaye Faye. Au contraire, le parti estime que les formations indépendantes peuvent mettre à profit leurs expériences, leurs moyens et leurs structures au service de la majorité présidentielle. « C’est dans la diversité et la différence conjuguées que l’on s’enrichit mutuellement », a affirmé le parti, rappelant le rôle historique des coalitions dans la stabilité politique du Sénégal.
Demandes concrètes au chef de l’État
Dans une résolution qualifiée de plaidoyer, l’IPD sollicite une audience avec le président pour clarifier l’avenir de la plateforme et propose la nomination de superviseurs temporaires afin de réactiver les mécanismes de coordination. Le parti réclame également des moyens politiques pour les formations non fusionnées, afin de rassurer les populations et de garantir leur contribution à la majorité tout en conservant leurs spécificités.
Si aucune mesure n’est prise, l’IPD craint une « mort programmée » de la coalition « Diomaye Président », mettant en péril la représentation pluraliste des forces politiques qui soutiennent le mandat du président.



