L’ombre du doute plane sur les pratiques de fabrication chez Softcare, une entreprise située à Mbour, suite aux conclusions d’une mission d’investigation menée par des parlementaires sénégalais. Ces derniers ont officiellement validé la découverte de 2 260 kilogrammes de produits et de matières premières ayant dépassé leur date de validité sur le site de Sindia. Ces stocks, jugés non conformes, ont été isolés puis détruits par incinération après les investigations.
Révélations parlementaires et questions sans réponse
La confirmation de la présence de matières premières expirées par la mission parlementaire est un point central de leur rapport, diffusé notamment par l’APS et relayé par Pressafrik. Cependant, un élément crucial n’a pu être établi : l’Assemblée nationale n’a pas pu prouver que ces composants périmés avaient été intégrés aux produits finis et commercialisés. Cette absence de preuve, due aux méthodes d’analyse disponibles et à l’historique des mouvements de stocks jugé incomplet, maintient une zone d’incertitude quant à la qualité et la sécurité des articles déjà sur le marché.
Manquements internes et témoignages alarmants
Au-delà de la simple présence de matières non valides, les députés ont identifié plusieurs défaillances systémiques au sein de l’entreprise. Ils ont pointé du doigt des lacunes dans le suivi des dates de péremption, une gestion insuffisante de l’isolement des éléments non conformes et une tenue des registres jugée déficiente. Plus troublants encore, des témoignages recueillis, incluant des échanges écrits et vocaux via WhatsApp, faisaient état de consignes internes et d’une utilisation courante de matières périmées lors du processus de fabrication. Un film perforé, portant le code SAP 210032699, figure parmi les matières repérées sur le site de Softcare.
Un contraste saisissant avec la position gouvernementale
Ces révélations du Parlement interviennent dans un contexte où, le 5 mars 2026, le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, avait présenté les résultats d’une enquête gouvernementale. Cette dernière avait conclu que les produits Softcare étaient en conformité avec les normes en vigueur, offrant une image rassurante aux consommateurs. La divergence entre les constatations ministérielles et les découvertes parlementaires soulève des questions fondamentales sur la transparence et l’efficacité des mécanismes de contrôle de la qualité au Sénégal. Pour le citoyen, l’enjeu demeure entier : comprendre la vérité derrière ces informations contradictoires et s’assurer de la salubrité des produits qu’il consomme au quotidien.



