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Mamadou Diawo Barry récupère son accréditation après la levée de la sanction

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La décision de la Haute Autorité de la communication (HAC) de rétablir le statut de journaliste de Mamadou Diawo Barry marque une rare accalmie dans un climat médiatique guinéen largement étouffé depuis le coup d’État militaire de 2021. Le retour de ce correspondant de Jeune Afrique, publié à Paris, suscite à la fois soulagement et interrogations quant à la véritable indépendance des organes de régulation.

Un revirement inattendu au sein de la HAC

Le 16 septembre, la HAC avait suspendu l’accréditation de Barry, invoquant des « graves violations » des règles d’éthique et de déontologie, ainsi qu’un manque d’objectivité et d’équilibre dans sa couverture de l’actualité guinéenne. Deux semaines plus tard, après consultation de l’AFP, l’autorité a annoncé qu’elle annulait la sanction. Cette volte‑face fait suite à des « engagements formels » pris par la direction de Jeune Afrique et à une série de négociations visant à apaiser les tensions.

Le groupe éditorial a notamment promis de « lever tout amalgame » et d’assurer que le rôle de Barry en tant que correspondant reste clairement séparé de ses fonctions au sein du média local Le Lynx, hebdomadaire satirique indépendant. Cette clarification a été jugée suffisante pour que la HAC retire la mesure punitive.

Ce que signifie la réintégration pour la liberté de la presse

Le rétablissement de l’accréditation intervient dans un contexte où les autorités guinéennes ont intensifié leurs restrictions. En mai 2024, six stations de radio et de télévision appartenant à trois grands groupes privés ont perdu leurs agréments. Selon Reporters sans frontières, le gouvernement a consolidé une politique de répression à l’encontre des médias critiques, rendant chaque geste de libéralisation particulièrement symbolique.

Pour Jeune Afrique, la levée de la sanction représente une victoire diplomatique, mais elle souligne également la fragilité du cadre juridique qui régit le travail des journalistes étrangers. La nécessité de distinguer clairement les activités de Barry entre le journal panafricain et le quotidien satirique local montre à quel point les autorités cherchent à contrôler les récits multiples qui circulent sur le territoire.

En définitive, le rétablissement de l’accréditation de Mamadou Diawo Barry ne garantit pas une libération totale du paysage médiatique guinéen, mais il ouvre une petite brèche qui pourrait encourager d’autres acteurs à réclamer davantage de transparence et de respect des principes déontologiques.

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