Au cœur des débats parlementaires sur la réforme de la justice, une voix s’est élevée pour dénoncer des pratiques qui heurtent profondément l’éthique et le respect des droits. Maïmouna Dieng, députée influente issue du Pastef, a courageusement exposé la réalité déchirante de l’accès aux soins pour les personnes incarcérées, pointant du doigt des conditions inacceptables. Son intervention marquante à l’Assemblée Nationale met en lumière l’urgence d’une refonte du système sanitaire en milieu pénitentiaire.
Des entraves à la dignité et au soin
Le passage en revue d’une proposition législative visant à améliorer la situation sanitaire dans les établissements pénitentiaires a été l’occasion pour la représentante politique de partager une expérience personnelle poignante. Maïmouna Dieng a révélé avoir été témoin de scènes où des individus détenus et malades étaient transportés, les mains liées, vers des centres hospitaliers. « Des détenus malades sont menottés lorsqu’ils sont acheminés aux soins. J’ai assisté à cela dans un hôpital, mais c’était difficile à supporter pour moi », a-t-elle déclaré, soulignant l’impact émotionnel et moral de ces images. Cette pratique, au-delà de sa cruauté perçue, soulève des questions fondamentales sur le respect de la personne et la garantie d’un accès aux services de santé sans entrave ni humiliation, conformément aux principes d’équité et de non-discrimination.
L’appel pressant pour un dispositif sanitaire dédié
Face à ces constats alarmants, l’élue du peuple a formulé une proposition concrète et audacieuse. Elle a fermement soutenu l’idée de bâtir une infrastructure hospitalière spécifiquement dédiée aux patients en situation de privation de liberté. Selon Maïmouna Dieng, une telle entité serait la clé pour garantir une confidentialité des examens et une stricte observance du secret professionnel. « Je pense qu’il est important de construire un hôpital pour les détenus, ne serait-ce que pour le secret médical », a-t-elle insisté, mettant l’accent sur la nécessité de protéger les informations personnelles des malades et d’éviter toute intrusion inappropriée. Ce projet vise à créer un environnement de soin où la vulnérabilité des détenus est respectée, et où la relation médecin-patient peut s’établir sur une base de confiance et de discrétion, loin des contraintes sécuritaires actuelles.
L’initiative de la députée Maïmouna Dieng résonne comme un appel vibrant à une humanisation des conditions de détention au Sénégal. En articulant clairement les défis et en proposant une solution ciblée, elle ouvre une voie essentielle vers une meilleure prise en charge de la santé des incarcérés, un enjeu crucial pour une société qui se veut juste et respectueuse des droits fondamentaux de chaque individu, quelle que soit sa situation juridique. Le Parlement a désormais la lourde tâche de transformer cette vision en une réalité concrète.



