Accueil ECONOMIE Sadio Mané propulse l’agro‑industrie de Bambali, un pari qui défie l’État

Sadio Mané propulse l’agro‑industrie de Bambali, un pari qui défie l’État

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Lorsque l’ancien international du football a annoncé un financement de 11,7 milliards de FCFA pour lancer une chaîne agro‑industrielle à Bambali, le débat sur le rôle de l’État s’est intensifié. Loin d’être un simple geste philanthropique, cette initiative s’inscrit dans une dynamique où l’entrepreneur part de son propre territoire pour créer de la valeur.

Un pari qui renverse les codes de l’investissement public

Abdourahmane Sarr, président du CEFDEL et ex‑ministre de l’Économie, a qualifié le geste de « Moom Sa Bopp, Menel sa Bopp ». Selon lui, le joueur observe les potentialités locales – ici la mangue et les pertes post‑récolte – identifie une chaîne de transformation, mobilise son capital et accepte le risque. Cette approche contraste avec le modèle traditionnel où l’État et les bailleurs décident d’abord des filières, financent les infrastructures, puis recherchent les investisseurs.

Un modèle « du sol » prôné par l’ancien ministre

Sarr insiste sur une dynamique « d’en bas », articulée autour du territoire, de l’opportunité, de l’entrepreneur, du capital à risque et de la production. Il rappelle cependant que l’État conserve un rôle de facilitateur, notamment en matière de foncier, de routes, d’électricité, d’eau et de sécurisation juridique. « L’État n’a pas besoin de savoir à sa place si le beurre de mangue de Bambali sera demain compétitif sur les marchés », affirme-t-il, soulignant que la prise de risque de Mané participe à la découverte économique.

Enjeux pour le Sud du pays et perspectives d’un pôle économique

Le projet pourrait déclencher une concentration d’initiatives locales, de la diaspora, de coopératives et d’investisseurs étrangers, donnant naissance à un futur pôle économique à Sédhiou. Sarr estime que ce pôle émergera progressivement grâce à l’agrégation d’identités remarquables, plutôt qu’à une planification centralisée depuis Dakar. Le Premier ministre Ousmane Sonko, invité par Mané, a rappelé son soutien à l’investissement sénégalais à l’étranger, tandis que le ministre de l’Industrie, Serigne Guèye Diop, était également présent.

En définitive, la collaboration entre l’État et le secteur privé, selon l’ancien économiste du FMI, ne consiste pas à choisir l’un contre l’autre, mais à déterminer qui investit, où et à quelle échelle. La réussite ou l’échec de ce pari restera le meilleur baromètre d’une stratégie de développement ancrée dans les réalités locales.

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