Dans l’obscurité de l’aube, un drame inattendu a éclaté au large de la côte joalienne, transformant une sortie de pêche en catastrophe. Alors que les vagues s’éveillaient, une étincelle a embrasé une embarcation, entraînant la mort de trois jeunes hommes et blessant plusieurs de leurs collègues.
Des défaillances mécaniques à l’origine du brasier
Vers cinq heures du matin, deux pirogues se préparaient à lever l’ancre pour une session de filet tournant à environ cent mètres de la plage de Santhie 2. Le premier bateau transportait le filet, tandis que le second devait accueillir les marins. Une fois le moteur mis en marche, le capitaine a signalé une « prise de masse », générant des étincelles à l’intérieur du coque. Selon ses propres déclarations, il aurait tenté de jeter les bidons d’essence à la mer, mais l’un d’eux a perdu son bouchon, provoquant une fuite de carburant qui a rapidement alimenté les flammes.
Le feu s’est propagé avec une vitesse alarmante, obligeant plusieurs pêcheurs à plonger pour échapper aux lames de feu, tandis que d’autres ont été atteints avant d’être secourus par leurs camarades. Au total, douze bidons de 60 litres et six moteurs de 60 CV ont été détruits, et la pirogue a été partiellement calcinée.
Des pertes humaines qui secouent Joal
Les trois victimes, N. Diop (29 ans), B. Sow (30 ans) et B. Ndour (30 ans), tous résidents de Joal, ont tenté de regagner le rivage à la nage, mais l’épuisement les a emportés. Quatre autres marins ont été blessés : le capitaine de la pirogue, Y. (39 ans), B. Hanne (28 ans), A. Sall (23 ans) et A. Fall (24 ans). Tous ont été transportés vers un centre hospitalier pour y recevoir les premiers soins.
Les corps des défunts ont été remis aux services de pompiers, puis déposés à la morgue de l’hôpital de Grand Mbour, où des autopsies seront pratiquées conformément à la législation en vigueur.
Enquête en cours et attentes de la communauté
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Mbour, Augustin Yakhar Faye, a été informé du sinistre. Les autorités locales, dont la brigade territoriale de Joal rattachée à la compagnie de gendarmerie de Mbour, ont lancé les investigations afin de déterminer les responsabilités exactes et d’évaluer les mesures de prévention à mettre en place.
Ce drame rappelle la fragilité des activités de pêche artisanale et la nécessité d’une vigilance accrue quant à la manipulation du carburant à bord des petites embarcations. La population de Joal, sous le choc, attend des réponses rapides pour éviter que de tels accidents ne se reproduisent.



