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Maud Bregeon signale une pénurie de 10 millions de barils, le gazole en péril

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Alors que les automobilistes sénégalais voient leurs factures carburant exploser, les raisons de cette flambée s’inscrivent dans une crise énergétique globale. L’équilibre fragile du commerce du diesel a été rompu par une série d’événements qui limitent l’offre disponible.

Un déficit quotidien qui dépasse les attentes

Selon la ministre française de l’Énergie, Maud Bregeon, le monde fait face à une absence de 10 millions de barils chaque jour. Cette chute représente une part importante du volume total consommé, qui dépasse les 105 millions de barils chaque jour.

Les réserves stratégiques, autrefois abondantes, ont baissé de 507 millions de barils par rapport aux niveaux d’avant‑guerre, d’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette réduction se traduit par une pression accrue sur les pays qui importent le diesel, notamment ceux d’Afrique de l’Ouest.

Les moteurs de la tension

Les conflits au Moyen‑Orient, notamment l’offensive des Houthis qui a bloqué le pipeline de Yanbu, ainsi que les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, ont limité la production. En Russie, seules cinq des trente‑deux raffineries majeures restent opérationnelles, ce qui a fait chuter la production de diesel d’environ 30 % depuis 2025.

Parallèlement, les États‑Unis, le Brésil, le Kazakhstan, le Venezuela et le Nigeria ont tenté de compenser en augmentant leur sortie, mais les capacités inutilisées restent difficiles à mobiliser rapidement.

Conséquences pour le continent africain

Les nations africaines, qui dépendent largement des importations européennes et du Golfe, voient leurs coûts de transport grimper. Le trajet plus long depuis l’Asie augmente les frais de fret, ce qui se répercute sur les prix à la pompe.

Le ministre de l’Économie français, Roland Lescure, a rassuré que la France ne faisait face à aucun problème d’approvisionnement immédiat, mais il a souligné que la situation dépendra de l’évolution des conflits.

En attendant, l’AIE insiste sur l’urgence de rouvrir le détroit d’Ormuz et les routes de contournement afin de stabiliser les flux. Sans une reprise rapide, les économies africaines risquent de subir une inflation supplémentaire, affectant le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des secteurs dépendants du diesel.

Le scénario actuel montre que la crise du gazole n’est pas uniquement une affaire européenne : elle devient un défi mondial dont les répercussions se font sentir jusque dans les rues de Dakar.

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