La justice congolaise a rendu un verdict implacable ce vendredi 18 septembre, secouant la sphère politique de la République Démocratique du Congo. L’ancien ministre d’État, jadis en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, s’est vu infliger une lourde peine par la Cour de cassation de Kinshasa. Cette décision, attendue après plusieurs reports, met un terme à l’affaire FRIVAO, au cœur de malversations financières dénoncées.
Une sanction exemplaire pour un détournement massif
Selon les informations relayées par le média Actualite.cd, Constant Mutamba a été condamné à dix ans de travaux forcés. Ce jugement frappe un ancien haut responsable, le trouvant coupable de la dilapidation d’une somme colossale. L’affaire concerne le détournement de vingt millions de dollars américains, des fonds cruciaux destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites menées par l’Ouganda sur le territoire de la RDC, via le Fonds de réparation et d’indemnisation (FRIVAO).
Son coaccusé dans ce dossier délicat, Chançard Bolukola, qui occupait la fonction de coordonnateur intérimaire du FRIVAO, n’a pas échappé à la sévérité de la Cour. Il a été sanctionné d’une peine de sept ans de travaux forcés, démontrant la détermination des autorités judiciaires à ne laisser aucune impunité dans cette affaire de spoliation d’argent public.
Conséquences civiques et politiques : une double peine
Au-delà des peines de privation de liberté, Constant Mutamba et Chançard Bolukola sont également frappés par des mesures complémentaires significatives qui entravent leurs droits civiques et leur avenir professionnel. Pour une période de cinq ans, ils sont privés de leur droit de vote et de leur éligibilité à toute fonction élective. De plus, ils sont exclus de toute fonction publique, interdiction qui les écarte définitivement de l’administration et de la gestion des affaires de l’État. Enfin, la Cour a prononcé leur déchéance du droit à la réhabilitation, clôturant ainsi toute possibilité de restaurer leur honneur ou leurs privilèges passés.
Ce jugement lourd et ses peines accessoires envoient un message puissant. Il souligne l’engagement des institutions judiciaires de la RDC à combattre la corruption et le détournement de biens publics, particulièrement lorsqu’ils touchent les fonds destinés aux citoyens les plus vulnérables. La condamnation d’un ancien ministre de cette envergure réaffirme la primauté du droit et l’exigence de transparence, des piliers essentiels pour la confiance des populations africaines envers leurs gouvernants.



