La sphère des hydrocarbures sénégalais est de nouveau agitée par une controverse médiatique. Des déclarations récentes d’Alioune Gueye, ancien dirigeant de Petrosen, ont déclenché une réfutation cinglante de la part du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Au cœur du débat : un protocole d’entente signé avec la firme italienne Eni, dont la portée exacte est l’objet d’un profond désaccord.
Une Attribution Controversée Dénoncée Par Alioune Gueye
La tension est montée cette semaine après que Alioune Gueye a publiquement mis en doute l’intégrité du processus. L’ex-directeur de la société pétrolière nationale a avancé que le bloc SN07M, inclus dans l’accord préliminaire avec Eni, correspondrait en fait au site gazier de Yakaar-Teranga. Selon ses propos, cette zone, qu’il décrit comme un « bijou reconquis » durant sa gestion, ne nécessiterait aucune nouvelle évaluation et serait ainsi indûment rouverte à un nouvel acteur étranger, sous le prétexte d’un simple document d’études.
Pour étayer sa position, Alioune Gueye a présenté une cartographie des blocs. Cependant, cette représentation géographique a été jugée par les autorités comme étant une source d’information dépassée, ne correspondant pas à la configuration actuelle du domaine pétrolier.
Le Ministère Réfute Point Par Point Les Allégations
Le démenti du département dirigé par Abdourahmane Diouf n’a pas tardé. Par un communiqué officiel, le ministère a déclaré de manière formelle que les affirmations de Alioune Gueye sont « totalement inexactes et ne reposent sur aucune réalité technique ou juridique ». Il a précisé que l’entente avec Eni vise des études préliminaires sur cinq blocs offshore spécifiques : SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M.
Le ministère a insisté sur le fait qu’« aucun de ces blocs ne correspond au périmètre abritant les découvertes de Yakaar et Teranga ». Il a souligné que, dans le redécoupage du domaine pétrolier national, le secteur des découvertes de Yakaar et Teranga est désormais désigné sous la référence SN08M, un bloc qui ne figure absolument pas parmi ceux mentionnés dans le protocole. De plus, il a été rappelé que le document signé n’est qu’un accord d’études géologiques et géophysiques, sans conférer à Eni un quelconque droit d’exploration, d’exploitation, ni un droit automatique pour un futur contrat pétrolier. Toute étape ultérieure devra respecter scrupuleusement les procédures et approbations en vigueur au Sénégal.
Le ministère a conclu en qualifiant les propos de « bradage de Yakaar-Teranga » de « double contrevérité », exhortant les acteurs publics à la responsabilité et les avertissant contre la propagation d’informations pouvant induire en erreur l’opinion publique concernant des sujets aussi vitaux pour la nation.



