Une vague de mécontentement secoue la Coalition Diomaye Président. Réunis à Kiiraay, les cadres de ce mouvement, connus comme Les Patriotes républicains, expriment une profonde désillusion. Cette fronde fait suite aux désignations gouvernementales du 10 septembre, perçues comme un affront par ceux qui ont soutenu le président Bassirou Diomaye Faye dès les premiers instants de son ascension politique.
Un sentiment d’exclusion et de mépris
Depuis le vendredi suivant les annonces ministérielles, un malaise palpable s’est installé au sein du panel des leaders. Le reproche principal formulé à l’encontre du président est d’avoir privilégié des figures ayant rejoint la cause plus tardivement, au détriment des piliers qui ont œuvré sans relâche. Les plaignants évoquent une sensation de déconsidération, d’une lacune en matière d’information et d’un silence radio total de la part du chef de l’État.
Plusieurs voix se sont élevées pour souligner n’avoir eu aucune occasion de dialoguer avec le président depuis sa séparation d’avec Ousmane Sonko et le Pastef. Des rencontres officielles ou discrètes n’auraient jamais été organisées pour ces figures centrales, pas même par l’intermédiaire de délégués.
Décisions unilatérales et appels à l’unité ignorés
La mise en place de la formation politique du chef de l’État constitue un autre point de discorde majeur. Les cadres de la coalition affirment n’avoir pas été consultés avant que l’annonce n’en soit faite aux maires, conviés à en devenir membres fondateurs. Un interlocuteur clé a insisté sur la nécessité d’impliquer la Coalition Diomaye Président dans cette démarche avant toute divulgation publique.
L’amertume est d’autant plus vive que certaines rencontres importantes, comme celle du 8 août, auraient été découvertes via la presse. Malgré leur mobilisation, ces mêmes leaders n’auraient reçu aucun mot personnalisé du président. Les audiences accordées à d’autres responsables, relayées par les médias traditionnels ou les réseaux sociaux, ajoutent à ce sentiment de mise à l’écart. Les nominations du 10 septembre sont devenues le catalyseur d’une rupture émotionnelle.
L’agitation au sein du groupe WhatsApp de la coalition témoigne de la frustration grandissante des militants fidèles. B.D. a mis en garde contre un possible « réveil brutal » si ces doléances restaient ignorées, tandis que P.D. a insisté sur l’importance de considérer le retrait et le mutisme de certains compagnons. I.C. a affirmé que leur silence ne reflétait pas une fragilité et que l’engagement des premières heures méritait considération et respect. Le message sans équivoque d’un autre responsable résume cette colère : « Golo di bey, baabun di dunde mo wara jeex ci rewmi », signifiant que « Le nègre travaille, le Blanc mange, cela doit cesser dans ce pays ». Une fracture interne qui pose la question de la cohésion future au sein du cercle présidentiel.



