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Sénégal : l’AEEMS exige une refondation morale face aux dérives numériques

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L’omniprésence du numérique transforme radicalement les interactions au Sénégal, offrant des opportunités tout en engendrant de profondes inquiétudes. L’Association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (AEEMS) tire la sonnette d’alarme, appelant à une véritable révolution morale des usages en ligne. Alors que le pays comptait déjà 11,5 millions d’internautes en octobre 2025, atteignant un taux de pénétration de 60,6 %, la question d’un environnement numérique sain et éthique s’impose comme un défi majeur pour l’avenir de la jeunesse sénégalaise.

Quand l’espace virtuel menace les valeurs fondamentales

C’est à Saint-Louis, lors de la Journée de la citoyenneté et de l’excellence, organisée dans le cadre du Camp Daara 2026, que l’AEEMS a mis en lumière les dangers latents. Sous l’impulsion d’Ibrahima Diallo, responsable de son Département de l’Éducation citoyenne, l’association a dressé un tableau préoccupant des excès observés sur les plateformes. Injures, messages de haine, violences verbales, cyberharcèlement, propagation de fausses informations, diffusion de contenus obscènes et atteintes répétées à la vie privée sont devenues des réalités quotidiennes. Ces comportements, selon l’organisation, compromettent gravement des piliers sociétaux essentiels comme le respect, la responsabilité, la discrétion et la pudeur. L’AEEMS pointe également du doigt les campagnes ciblant des individus ou des groupes en raison de leur origine ethnique, régionale ou de leurs convictions politiques, des pratiques qui fracturent la cohésion nationale.

Vers une régulation éthique et partagée du cyberespace

Malgré ces constats alarmants, l’AEEMS reconnaît le potentiel éducatif et spirituel des réseaux sociaux. L’organisation ne plaide pas pour une interdiction, mais pour un réalignement profond des pratiques. Elle réclame un effort concerté et multi-acteurs pour façonner un cyberespace plus éthique. La jeunesse est spécifiquement exhortée à cultiver son autodiscipline numérique. Les familles, quant à elles, sont appelées à renforcer la transmission des valeurs ancestrales. L’école se voit assignée le rôle crucial de développer un civisme numérique dès le plus jeune âge. Enfin, l’État est interpellé sur la nécessité d’instaurer un cadre juridique et réglementaire efficace pour les plateformes, tout en garantissant la liberté d’expression et les droits fondamentaux de chacun. Le Camp Daara 2026, qui se tient du 5 au 13 septembre, sert de tremplin à cette initiative, en offrant aux jeunes un espace privilégié pour l’éducation et la transmission des principes moraux.

L’appel de l’AEEMS résonne comme une urgence nationale, invitant toutes les composantes de la société sénégalaise à s’engager activement pour transformer le paysage numérique en un outil de progrès, et non de division ou de déliquescence morale. L’enjeu est de taille : préserver la jeunesse et les fondements mêmes du vivre-ensemble à l’ère du tout-connecté.

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