Le 27 août 2026, le chef d’État congolais a pris la parole pour dévoiler un projet ambitieux : un dialogue national qui s’étendra sur trois mois, mais dont le décollage se fera loin de la capitale, dans chaque province du pays.
Un processus inédit, province par province
Plutôt que de commencer à Kinshasa, les autorités ont choisi de parcourir les 26 provinces, en organisant dans chaque chef‑lieu des réunions techniques et politiques. L’objectif affiché est de dresser un tableau complet des problèmes de sécurité, des conflits fonciers et coutumiers, des tensions communautaires, des inégalités et des freins au développement. Chaque région devra produire un état des lieux qui sera ensuite intégré à une synthèse nationale, destinée à nourrir les assises finales prévues à Kinshasa.
Qui pourra réellement participer ?
Le dispositif ouvre les portes à un éventail très large d’intervenants : les partis de la majorité et de l’opposition, les représentants de la société civile, les autorités coutumières, les confessions religieuses, ainsi que les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques. Sont également invités les organisations de femmes, de jeunes, de travailleurs, les personnes en situation de handicap, les entrepreneurs, agriculteurs, enseignants, chercheurs, artistes, professionnels de santé, acteurs de l’économie informelle et même la diaspora congolaise. Toutefois, les acteurs qui prendraient les armes contre l’ordre constitutionnel, occuperaient illégalement du territoire ou administreraient des entités non reconnues seront exclus, parmi eux le groupe armé AFC/M23.
Les enjeux et les limites du dialogue
Ce dialogue, annoncé après une rencontre du président avec les principales confessions religieuses le 17 juillet 2026, répond à une demande pressante de l’opposition, qui l’accusait de vouloir s’accrocher au pouvoir. La majorité, quant à elle, soutient un projet de référendum pour réviser la Constitution, ouvrant potentiellement la voie à un troisième mandat. Le mouvement « Sauvons la RDC », proche de l’ancien président Joseph Kabila, a réclamé une médiation neutre soutenue par l’Union africaine et les Nations unies. Le président a souligné que les opinions politiques, l’origine provinciale, la langue, l’ethnie ou la religion ne justifieront aucune exclusion, à l’exception des groupes armés. Les prochaines semaines verront la publication d’une ordonnance créant le comité d’organisation, suivie d’une seconde qui fixera les règles de représentation pour les assises finales, qui seront le point d’aboutissement du processus.
En misant sur une approche territoriale et inclusive, le gouvernement espère désamorcer les tensions persistantes, mais la réelle portée du dialogue dépendra de la capacité à intégrer les voix les plus marginalisées tout en maintenant la sécurité et la légitimité du processus.



