Le ministre en charge de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Cheikhou Oumar Bâ, a récemment achevé une étape significative de son déplacement en Casamance. Cette tournée, d’après les informations rapportées par lesoleil, a mis en lumière les capacités considérables de la région dans la production agricole, mais a également souligné les obstacles majeurs qui freinent son plein essor. Deux localités, Kantène et Katouré, ont illustré de manière saisissante ces deux facettes : l’excellence de l’élevage et le vaste potentiel rizicole en attente de développement.
Kantène : Le Modèle Laitier pour une Ambition Nationale
À Kantène, située dans la commune de Niaguis, l’exploitation « Dramé et frères » a offert une vision encourageante de la modernisation. Cette ferme privée, dotée d’installations adaptées et d’un cheptel soigneusement sélectionné, a particulièrement impressionné les autorités. Il a été révélé que certaines vaches pouvaient atteindre une production journalière impressionnante de 80 litres de lait. Pour Cheikhou Oumar Bâ, cette initiative est emblématique des efforts nécessaires pour accroître l’approvisionnement national et diminuer la dépendance vis-à-vis des produits laitiers importés. Le ministre a même suggéré que de telles fermes pouvaient grandement participer à l’autonomie du pays en matière de lait, insistant sur le rôle de l’État pour établir des conditions propices et attirer des capitaux en faveur de la souveraineté alimentaire.
Katouré : L’Or Blanc en Attente d’Aménagement
Le convoi ministériel s’est ensuite dirigé vers Katouré, dans la commune de Nyassia, où la réalité des cultures rizicoles présente un contraste saisissant. Ici, une vaste zone, s’étendant sur près de 1 000 hectares, est exploitée par les communautés locales de Katouré, Toubacouta et des villages avoisinants, bénéficiant du soutien de Caritas et d’autres partenaires étatiques. Cependant, seul un infime pourcentage – 16 hectares – de cette immense vallée est actuellement aménagé. Justine Manga, la maire de Nyassia, a formulé un appel clair pour une impulsion nouvelle dans la valorisation de cette étendue. Elle a affirmé que le développement de la vallée favoriserait la croissance des activités économiques et encouragerait la rétention des jeunes et des femmes sur leurs terres ancestrales.
Reconnaissant les obstacles significatifs auxquels les agriculteurs sont confrontés, malgré leur forte volonté de travailler, le ministre Bâ a promis un soutien ferme pour le développement de la vallée rizicole. Il a également assuré le suivi des préconisations formulées durant sa visite. Cheikhou Oumar Bâ a conclu cette étape en annonçant que les revendications des populations seraient étudiées individuellement à l’issue de l’ensemble de la tournée, soulignant l’importance de ces doléances pour l’élaboration de futures stratégies agricoles.



