
La fracture annoncée depuis des mois entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko s’est désormais matérialisée. Trois jours après le limogeage du leader de Pastef, le chef de l’État a confié la direction du gouvernement à Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un ancien cadre de la BCEAO et ex-ministre, dont la nomination scelle une nouvelle séquence de l’exécutif sénégalais.
Écarté de la Primature, Ousmane Sonko a rebondi en étant élu président de l’Assemblée nationale, recueillant 132 voix sur 133 suffrages exprimés lors d’une séance boycottée par l’opposition. Un repositionnement institutionnel qui ne masque pas la profondeur de la rupture entre les deux hommes, longtemps présentés comme des compagnons de route inséparables depuis l’accession au pouvoir en 2024.
Un climat tendu entre les deux têtes de l’exécutif
Le nouveau Premier ministre hérite d’un agenda lourd, dominé par l’épineuse question de la dette publique. Le Fonds monétaire international a achevé une mission à Dakar le 19 juin : malgré des avancées saluées, les discussions devront se poursuivre avant d’envisager un nouveau programme de prêt.
De son côté, Ousmane Sonko n’a pas tardé à réagir. Le président de l’Assemblée nationale a directement visé Al Amine Lô, l’invitant publiquement à se cantonner à sa mission technique. Des propos qui illustrent un climat politique électrique au sommet de l’État.
Cette recomposition intervient alors que le chef de l’État a rendu hommage à l’ancien président Abdoulaye Wade, qui vient de fêter son centième anniversaire. Au-delà du symbole, l’occasion a permis de rappeler les lignes de fracture qui traversent la classe politique sénégalaise à l’approche des prochaines échéances électorales.


