Le Conseil canadien pour les réfugiés veut raccourcir le délai pour réunir les familles

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Le Conseil canadien pour les réfugiés demande au gouvernement fédéral d’établir une norme de six mois pour réunir les enfants séparés de leurs parents.

La directrice générale de l’organisation, Janet Dench, affirme que la longue attente est inacceptable, surtout pour les enfants séparés de leurs deux parents.

Elle souligne que des parents contraints de fuir leur pays d’origine finissent souvent par laisser leurs enfants à un grand-parent, à un autre membre de la famille ou même à un voisin.

C’est une situation très vulnérable, dit Mme Dench. Parfois, ils restent chez leurs grands-parents, qui, nous l’entendons souvent […] ils ne sont pas nécessairement en meilleure santé. Ils n’ont pas nécessairement les moyens de subvenir aux besoins des enfants.Une femme s'adressant à la caméra

Janet Dench est la directrice générale du Conseil canadien pour les réfugiés.

PHOTO :  senactutv.com canada international

Mme Dench souligne que de nombreux enfants ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin et que, dans certains cas, ils sont victimes d’agressions physiques et sexuelles.

Selon elle, le Canada est légalement tenu, en vertu de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, de traiter les demandes de regroupement familial d’une manière positive, humaine et rapide.

Des proches en danger

Jennifer Wan, une avocate spécialisée en immigration à Toronto, explique que les parents qui viennent au Canada en tant que réfugiés fuient généralement la persécution dans leur pays d’origine.

Elle cite le cas de deux parents réfugiés qui attendent depuis des années de voir leurs enfants qui vivent toujours dans des conditions dangereuses en Inde.

Les parents ont obtenu le statut de réfugié au Canada en juillet 2019 et ont demandé que leurs enfants les rejoignent en octobre, mais ils attendent toujours.

Le père a été attaqué. Son entreprise a été détruite. La femme a également été attaquée séparément, raconte l’avocate. Sachant ce qu’ils ont vécu, ils ont peur pour leurs enfants.

Mme Wan dit que les parents ont confié leurs enfants à un parent âgé dans l’espoir qu’ils seront en sécurité.

[Leur adolescent] a vraiment peur de quitter sa maison, ajoute-t-elle. Il était suivi. La maison était surveillée.

Mme Wan croit que le gouvernement devrait prioriser les cas de réunification familiale impliquant des enfants, particulièrement lorsque les jeunes sont en danger ou n’ont personne pour s’occuper d’eux.

Le traitement à capacité réduite

La migration mondiale a été bouleversée par la pandémie de COVID-19 et l’ensemble du système de traitement fonctionne à capacité réduite, précise le porte-parole du ministre de l’Immigration Marco Mendicino, Alexander Cohen.

Les réfugiés font face à des restrictions de voyage et des difficultés à obtenir des documents, y compris des preuves d’une relation familiale, dit-il.

Depuis le début de la pandémie, nous avons donné la priorité au traitement des personnes vulnérables, des membres de la famille et des personnes des services essentiels, a-t-il poursuivi.

Nous accordons la priorité aux demandes des réfugiés parrainant leurs personnes à charge […] et évaluons également les résultats de deux projets pilotes pour améliorer le traitement des personnes protégées ayant des personnes à charge à l’étranger.

Mme Wan affirme que le ministère de l’Immigration n’a pas répondu à ses demandes pour accélérer le traitement des enfants en attente en Inde.

Parfois, je me sens tout à fait impuissante, a-t-elle confié. Lorsque nous envoyons une lettre à un bureau d’immigration, nous n’obtenons pas vraiment de réponse pour savoir si cela a un impact.

Des histoires déchirantes

Selon Janet Dench, environ 35 familles ont contacté son organisation pour obtenir de l’aide afin d’accélérer les demandes d’immigration de leurs enfants et qu’il y en a beaucoup plus aux prises avec ce problème.

De nombreux enfants souffrent psychologiquement en raison de la séparation de leurs parents, dit-elle. Certains d’entre eux ont des diagnostics cliniques.

Mme Dench affirme avoir entendu des histoires déchirantes d’enfants qui criaient à leurs parents et qui les jugeaient responsables de leur séparation.

La détresse psychologique des parents au Canada est absolument angoissante, a-t-elle ajouté.

De nombreux professionnels de la santé au pays ont également rédigé des avis d’experts sur ce qu’ils voient : les effets physiques et psychologiques du stress de la séparation , affirme Mme Dench.

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