« Quelque chose a mal fonctionné » dans la nomination de Julie Payette, admet LeBlanc

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Au lendemain de la démission de la gouverneure générale Julie Payette pour avoir fait régner un climat de travail toxique à Rideau Hall, le président du Conseil privé de la Reine au Canada, Dominic LeBlanc, reconnaît certaines lacunes dans le processus de vérification qui a précédé la nomination de l’ancienne astronaute.

Selon lui, le passé houleux de la gouverneure générale lors de ses emplois antérieurs, notamment à l’Agence spatiale canadienne et au Centre des sciences de Montréal, n’a été révélé au grand jour qu’à l’été dernier par les journalistes de CBC et de Radio-Canada.

Quand la nomination a été annoncée à l’été 2017 […] c’était très bien accueilli au début, a rappelé M. LeBlanc sur les ondes de l’émission Tout un matin.

L’enthousiasme qu’avait suscité à l’époque la nomination de la populaire astronaute aurait-il fait oublier les vérifications d’usage? Il y a un processus assez robuste déjà pour toutes les nominations fédérales et surtout la nomination ou la recommandation à la reine de la gouverneure générale, explique Dominic LeBlanc.

Dans ce cas-là, il y a eu des choses qui n’ont peut-être pas été faites d’une façon aussi profonde que ça aurait dû être fait.Dominic LeBlanc, président du Conseil privé de la reine pour le Canada

Depuis l’an passé, quand les allégations sont sorties publiquement, on a demandé une révision des processus de vérification, a assuré le président du Conseil privé.

Ce dernier se demande par ailleurs comment il se fait que son gouvernement n’ait appris que l’été dernier l’existence des témoignages incriminants d’anciens employés de Mme Payette alors qu’elle travaillait au Centre des sciences de Montréal, où elle n’a été en poste qu’environ un an.Dominic LeBlanc assis devant des drapeaux du Canada.

Dominic LeBlanc laisse entendre que des antécédents professionnels de Julie Payette ont échappé au processus de vérification lors de sa nomination.

PHOTO : RADIO-CANADA

Dans les médias…

Rappelons que l’été dernier, CBC et Radio-Canada ont recueilli les témoignages d’une vingtaine de personnes qui travaillaient ou qui ont travaillé pour Mme Payette et qui ont dénoncé son comportement jugé inacceptable envers ses collègues et ses subordonnés.

Son assistante, Assunta Di Lorenzo, également visée par ces allégations, a aussi remis sa démission hier.

C’est comme ça qu’on a appris qu’il y avait quelque chose à l’intérieur de l’institution qui ne fonctionnait pas.Dominic LeBlanc, président du Conseil privé de la reine pour le Canada

Devant la gravité et la concordance des témoignages rapportés, le gouvernement Trudeau avait alors mandaté une firme indépendante d’experts-conseils pour enquêter sur le climat de travail qui prévalait à Rideau Hall.

À la suite du dépôt du rapport qualifié d’accablant par des sources qui en ont pris connaissance, la gouverneure générale et son assistante ont remis leur démission jeudi, après des conversations avec le premier ministre Justin Trudeau et le ministre LeBlanc.

Le contenu du rapport de la firme d’experts-conseils doit être rendu public au cours des prochains jours, assure Dominic LeBlanc.

Le document ne sera cependant pas complet dans la mesure où l’identité et la vie privée des personnes qui ont accepté de parler aux enquêteurs doivent être protégées.

Il faut protéger quand même la vie privée des employés qui ont accepté de donner leur version sur une base confidentielle, affirme M. LeBlanc.

Outre les allégations de climat de travail toxique et de harcèlement en milieu de travail, Mme Payette s’est retrouvée dans la tourmente pour avoir effectué d’importantes dépenses pour réaménager sa résidence officielle.

Pension à vie

En ce qui a trait à la pension à vie de 150 000 $ par année que touchera désormais Julie Payette à la suite des trois années qu’elle a passées à Rideau Hall, Dominic LeBlanc souligne que le gouverneur général peut toucher sa pension même à la suite d’une démission, en vertu de la loi, qui ne précise pas les conditions du départ.

M. LeBlanc ajoute qu’il serait par ailleurs hasardeux de tenter de modifier cette loi pour lui donner un effet rétroactif qui empêcherait Mme Payette de toucher cette pension.

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