Bokhol : Les producteurs de tomates listent les bons points et certains écueils

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Dans le département de Dagana, plus précisément à Bokhol, dans certains périmètres, les repiquages ont été faits et les tomates sont crinière au vent. Les producteurs de cette zone du Walo, à l’image d’Abdoulaye Dieng, président de la filière, rappellent les bons points du secteur, tout en listant certains écueils.

C’était une matinée une peu frisquette, comme du reste dans le Walo, avec un temps sec, qui vous craquelle la peau. Le doux fouet du vent sur le visage contrastait bien d’avec la chaleur que l’on connaissait dans cette partie du pays. Normal, l’hivernage est terminé et la fraicheur frappe aux portes. Le périmètre d’Abdoulaye Dieng est propre. Les sillons sont symétriques, avec les plants de tomates qui commencent à fleurir, de petits bouts jaunes. Mais pour le maitre des lieux, les champs ne sont jolis que quand «les plantes commencent à produire».

Production fluctuante

Pour Abdoulaye Dieng, la filière, à cheval entre les départements de Podor et Dagana, connaissait quelques difficultés avec l’arrivée de deux autres industriels. En effet, informe-t-il, l’un des trois avait même refusé d’aller en campagne, arguant qu’il avait beaucoup de tomate dans ses entrepôts. Et plus grave, souligne Abdoulaye Dieng, les deux restants n’avaient pas en ce temps la capacité pour absorber la production ; et malheureusement, des acteurs avaient des crédits à rembourser. Mais depuis, les choses ont changé, et dans les deux départements, les superficies tournent entre 1250 voire 1500 ha par localité, soit 2500-2600 ha, mais parfois «nous allons au-delà de 3000 ha», a laissé entendre le producteur.

Ainsi, depuis 2017, les rendements augmentent et frisent 80.000 ou encore 100.000 tonnes, contrastant avec cette période noire où « on était à 29.000 tonnes ». Aussi, souligne M. Dieng, l’an dernier, « nous étions à 63 000 tonnes de tomate reçues à l’usine, mais il faut reconnaître qu’il y a 25 % de cette production qui est utilisée dans le marché parallèle». Aujourd’hui, dans le cadre de l’accroissement de la production, une technique de goutte-à goutte a permis, l’an dernier, d’avoir des rendements de 90 à 120 tonnes par ha.

Perspectives prometteuses

Mais, malheureusement « nous n’avons pas la possibilité d’étendre cette technique, avec le coût élevé, qui se chiffre à 1,5 million de Fcfa». Selon Abdoulaye Dieng, « si on avait la possibilité de bénéficier de financements, pour cette technique, nous allions satisfaire le marché sénégalais surtout en tomate, car 42 % de la tomate sénégalaise est importée ». Cette année les producteurs se sont engagés à fournir aux industriels 80.000 tonnes réparties entre la Socas 30.000, Agroline 25.000 et Takamool Foods 25.000.

Dans les perspectives, les acteurs évoquent l’importance d’utiliser les alvéoles, pour régler le problème de la fonte de semis, due aux fortes températures et à la pluie. Avec ces alvéoles sous serre, «on réussit de belles pépinières, et l’on maitrise le calendrier cultural, le seul problème c’est que ces méthodes sont un peu chères». Dans une comparaison entre la tomate et le riz, ce fils de paysan qui était venu en 1998 à Bokhol, pour chercher des ressources afin de rallier l’Italie, souligne que la filière est beaucoup plus rentable. En effet, une bonne campagne sur 1 ha permet de rembourser un crédit de 800.000 Fcfa et d’avoir un bénéfice de 2 millions de Fcfa. Pour la petite histoire il rappelle que pour sa première campagne, il a gagné 125.000 Fcfa, la seconde 250.000 Fcfa.

Amadou Maguette NDAW, Abdoul Khadir Mbacké SECK et Mbagnick DIAGNE

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