La réouverture des classes le 2 juin prochain annoncée à grande pompe le lundi 11 mai 2020 par le Président de la République Macky Sall dans son discours à la Nation, ne peut pas être une réalité à Ziguinchor, selon des acteurs de l’éducation et des syndicalistes de l’enseignement.

Une région qui abrite plus de 500 abris provisoires et où le régime pluviométrique est très important. «Les abris provisoires constituent un réel problème pour la reprise d’autant plus qu’il pleut beaucoup en Casamance. En plus, il y a des établissements scolaires qui sont presque à 100% constitués d’abris provisoires », explique le secrétaire départemental du syndicat des enseignants libres du Sénégal, Joseph Boucal. A l’en croire toujours, «avec la mesure de distanciation sociale, il serait difficile pour ces écoles de la respecter et d’assurer à tous les élèves le droit à l’éducation et de manière équitable comme recommandé dans le paquet. Évitons une école à plusieurs vitesses. Nous recommandons à l’Etat de faire la situation des écoles à abris provisoires et de trouver des solutions pour garantir à tous les enfants de ce pays le droit à l’éducation», a ajouté M. Boucal. Pour nombre de parents d’élèves et des partenaires de l’éducation à Ziguinchor qui ont été interpellés, «ouvrir les portes des classes le 2 juin prochain pourraient exposer davantage les élèves à la maladie du COVID 19. C’est impossible», arguent-ils. Pour le secrétaire général du SELS/A à Ziguinchor, «très compliqué la mise en place des dispositions pratiques nécessite un temps très long et le délai est très pour qu’on puisse mettre en place ce dispositif de lavage des mains, des termoflash, de réaménagement du calendrier scolaire et le retour des enseignants dans leurs lieux de services de même que les élèves qui étaient en voyage. Retourner les élèves en classe le 2 juin prochain, est un chimère», a dit Moussa Sakho. Pour rappel, dans la région de Ziguinchor, c’est au moins plus de cinq cent abris provisoires qui trônent dans l’espace scolaire à savoir dans les établissements élémentaires, moyens et secondaires. Ce nombre impressionnant d’abris provisoires a des impacts négatifs sur les enseignements apprentissages des élèves et freine leur épanouissement dans leur espace scolaire. Une «grandeur» qui cache également des disparités notées en fonction du département et de l’IEF pris dans la région. «Cette situation déteint sérieusement sur l’effectivité du quantum horaire d’une part, et d’autre part, la sécurité des élèves n’est pas assurée du fait que de beaucoup de reptiles à savoir des serpents qui sont parfois tués dans leurs classes constitués d’abris provisoires», disent des enseignants de la commune de Ziguinchor.

IGFM

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