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Abdou Fall claque les verrous du « vivre face à face »

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Sur le pas de l’ambassade marocaine à Dakar, Abdou Fall a tiré la sonnette d’alarme : la coopération entre peuples ne peut plus se réduire à un simple « vivre face à face ». Son propos, prononcé vendredi après les débats sur le Sahara occidental, vise à rappeler aux dirigeants africains que la paix repose sur des bases plus solides.

Un appel à l’unité inébranlable

En s’appuyant sur l’héritage de Léopold Sédar Senghor et du roi Hassan II, l’ancien ministre a insisté sur le caractère sacré de la cohésion nationale. Il a déclaré : « Dans une République qui se respecte, il y a deux sujets qui ne sont pas négociables, : l’unité et la cohésion nationale, l’unité et la crédibilité de l’État ». Selon lui, la démocratie ne doit jamais sacrifier ces piliers au profit de jeux politiques.

Du « vivre ensemble » au « vivre face à face » : une évolution alarmante

Fall a illustré son discours en citant une réflexion entendue lors d’une campagne électorale française, où les sociétés auraient évolué du « vivre ensemble » au « vivre côte à côte », avant d’atteindre le stade du « vivre face à face ». Il a conclu avec force : « Aucune nation ne se construit dans le vivre face à face », soulignant l’urgence de préserver le dialogue tant entre citoyens que parmi les États.

Compromis intelligents face à un ordre mondial en mutation

Le contexte international, décrit comme la fin d’un ancien ordre mondial et l’émergence d’un nouveau, impose aux pays de consolider leurs fondements. Pour les nations africaines, toujours engagées dans d’importants projets de développement, la stabilité et la paix restent des conditions essentielles. Fall a repris une citation attribuée à Henry Kissinger : « l’époque des satisfactions absolues serait révolue, laissant place à celle des « insatisfactions fondées » ». Il a ainsi appelé les dirigeants à privilégier des compromis réfléchis, sans renoncer aux principes fondamentaux.

En définitive, le message d’Abdou Fall résonne comme un rappel que la force d’une république repose sur une unité inviolable et sur la capacité à dialoguer, même dans les moments les plus tendus. Le défi pour les États africains sera désormais de transformer ces paroles en actions concrètes, afin d’éviter le glissement vers un « vivre face à face » qui, selon lui, ne peut être le socle d’une nation prospère.

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