Un revers inattendu pour le gouvernement : la décision de reporter la séance plénière consacrée à la loi de finances rectificative 2026 a déclenché une vive polémique au sein du parti Pastef. L’initiative, prise par l’exécutif, a été jugée inappropriée par le responsable du parti, qui estime que la règle interne n’aurait jamais dû être invoquée.
Un recours jugé excessif
Fadilou Keïta, qui occupe le poste de secrétaire général adjoint du Pastef, a exprimé son désaccord face à la mobilisation de la disposition 84 du règlement interne de l’Assemblée. Selon lui, ce mécanisme, habituellement réservé à des situations exceptionnelles, a été détourné pour retarder le débat budgétaire, sapant ainsi la crédibilité de l’institution législative.
Il a rappelé que le report de la séance, initialement prévu le 21 octobre, était le résultat d’une impasse en commission, où aucun consensus n’avait pu émerger. Au lieu de chercher une solution concertée, le pouvoir exécutif aurait préféré recourir à un dispositif technique, créant ainsi un fossé entre les deux branches de l’État.
Appel à un « gentlemen’s agreement »
Le discours de Keïta ne se limite pas à une critique procédurale. Il invoque le principe d’un « gentlemen’s agreement », c’est‑à‑dire une entente informelle fondée sur la bonne foi et le dépassement des intérêts partisans. Pour le porte‑parole du Pastef, l’enjeu dépasse le simple texte budgétaire : il s’agit de préserver la confiance mutuelle entre le gouvernement et le Parlement, deux piliers constitutionnels dont les prérogatives doivent être respectées.
Il a souligné que la relation entre les deux institutions pouvait encore être redressée, à condition que l’Assemblée soit reconnue comme un acteur autonome, doté de pouvoirs complémentaires à ceux du chef de l’État. Cette reconnaissance, selon lui, permettrait de « remettre les choses dans le bon ordre » et d’assurer une gouvernance plus transparente.
Échos au sein du Parlement
Le parti a également salué la posture d’ouverture affichée par plusieurs députés, ainsi que les remarques d’Ousmane Sonko, qui a rappelé l’importance d’une mise en œuvre pleine et effective des prérogatives constitutionnelles du Parlement. Ces prises de position indiquent un désir partagé de renforcer le rôle législatif, même si les tensions restent palpables.
En définitive, la controverse autour de l’article 84 pourrait devenir un point de bascule pour les relations entre le pouvoir exécutif et le législatif. Si les appels à la coopération et à la confiance sont entendus, ils pourraient ouvrir la voie à un dialogue plus constructif, indispensable pour la stabilité économique et politique du Sénégal.



