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Cheikh Tidiane Diouf se voit menacé de sept ans de prison, l’affaire secoue Tambacounda

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Le tribunal de grande instance de Tambacounda a prononcé une requête sévère contre Cheikh Tidiane Diouf, accusé d’actes qualifiés d’« actes contre‑nature ». Le parquet réclame une peine de sept ans d’emprisonnement ferme, tandis que quatre autres hommes font face à des demandes de cinq ans chacun.

Un contexte judiciaire déjà chargé

Cette audience s’inscrit dans une série de procédures liées à des soupçons d’homosexualité et de lesbianisme qui occupent les salles d’audience de la région. Dans une affaire distincte, vingt‑et‑une personnes ont été présentées au juge d’instruction : quatorze ont été placées en détention provisoire et sept ont été libérées sous caution.

Les faits qui ont déclenché l’enquête

Tout a commencé lorsqu’un veilleur du lycée Mame Cheikh Mbaye a surpris Mamadou Diop et Cheikh Tidiane Diouf sortant d’un local technique pendant la nuit. Alerté, le censeur a immédiatement alerté les forces de l’ordre. Un examen médical pratiqué sur Mamadou Diop aurait mis en évidence des traces compatibles avec une activité sexuelle récente. Selon le récit de l’accusé, les deux hommes auraient franchi le mur de l’établissement pour atteindre les sanitaires, avant d’être interceptés en sortant.

Mamadou Diop a nié toute relation intime, affirmant qu’il accompagnait simplement son ami qui ressentait un besoin pressant. Les investigations ont ensuite porté sur le téléphone de Cheikh Tidiane Diouf, révélant des contacts avec quatre autres individus identifiés via l’application de rencontres Grindr.

Cheikh Sy a reconnu avoir échangé messages et photos avec Diouf, mais a soutenu qu’aucune rencontre physique n’avait eu lieu. Youssouf Fall a avoué une relation passée avec un homme à Dakar, qu’il a décrite comme une erreur regrettée. René Dacosta a également parlé de liaisons antérieures avec des hommes et a affirmé que Diouf l’avait attiré près du lycée en fixant un rendez‑vous. Le ministère public a conclu que les échanges de Diouf comportaient des propositions explicites de rencontres.

Les avocats contestent les accusations

Les défenseurs ont plaidé pour la relaxe. L’avocat de René Dacosta a souligné l’absence de preuve matérielle liant son client aux faits reprochés, arguant que les accusations remontaient à des événements anciens. Celui de Youssouf Fall a rappelé que les faits remontaient à 2024, alors que son client était mineur, et aurait dû relever de la juridiction pour enfants. Youssouf Sall, quant à lui, a nié toute réponse à une invitation à caractère sexuel de Diouf.

Le tribunal doit rendre son verdict le 21 octobre, une date qui pourrait définir la ligne de conduite de la justice sénégalaise face aux affaires de sexualité non‑hétéronormée.

Si la sentence attendue se confirme, elle risque de renforcer la stigmatisation des personnes LGBT dans la région, tout en rappelant aux autorités locales la nécessité d’une approche juridique plus équilibrée et respectueuse des droits humains.

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