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UNACOIS, ACIS, CEATLCS : Le Port de Dakar, « racket organisé » qui étrangle l’entreprise sénégalaise

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Une coalition d’acteurs économiques majeurs du Sénégal a lancé un cri d’alarme retentissant face à une situation qu’ils jugent intenable. Après avoir exprimé leurs condoléances aux familles des victimes des récentes intempéries, l’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS ont uni leurs voix ce mercredi 7 octobre 2026, depuis Dakar. Ces organisations dénoncent des entraves profondes qui asphyxient les entreprises nationales, affirmant que l’inflation galopante et les sévères pannes de trésorerie menacent la survie d’un secteur privé vital, qui assure plus de 80 % des emplois et des investissements du pays.

Le Port de Dakar, un fardeau colossal pour l’économie

La gestion du Port de Dakar est particulièrement visée par les critiques, considérée comme la principale source de coûts excessifs. Les représentants des commerçants et industriels fustigent des tarifications imposées de manière unilatérale et des redevances de surestaries jugées abusives, pouvant atteindre de « 150 000 à 300 000 FCFA par jour » pour chaque conteneur retenu. Ces charges s’ajoutent aux fréquentes dégradations de marchandises. Le cumul des dépenses de logistique et des prélèvements parafiscaux représente désormais jusqu’à 45 % de la valeur des biens à la sortie de l’enceinte portuaire, un surcoût inévitablement répercuté sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Le collectif exige un audit général indépendant et la limitation officielle des prix des services portuaires.

Le marché local face à une « destruction organisée »

Parallèlement, les leaders économiques dénoncent un marché national « livré à lui-même », submergé par l’importation massive de produits sous-facturés. Ils pointent également du doigt les privilèges accordés à certains grands groupes étrangers et l’essor fulgurant d’une économie parallèle non fiscalisée. Pour le collectif, « ce n’est pas de la concurrence, c’est une destruction organisée de notre tissu de PME », une réalité qui, à chaque fermeture d’entreprise, entraîne la perte de « 10 à 50 emplois directs ». La création immédiate d’une Autorité de la Concurrence, dotée d’une pleine autonomie et de prérogatives de sanction, est jugée indispensable pour assainir l’environnement commercial.

Le « monologue » étatique et le besoin de dialogue

Enfin, les organisations fustigent l’absence d’une véritable concertation avec les pouvoirs publics. Elles déplorent d’être informées de décisions déjà arrêtées, dénonçant un « monologue » plutôt qu’un échange constructif. « Un dialogue où l’État parle et le secteur privé écoute n’est pas un dialogue », ont-ils rappelé avec force, insistant sur le fait qu’ils ne demandent « ni l’aumône ni des subventions », mais des règles claires et équitables pour tous. Pour sortir de cette impasse, ils exigent l’instauration d’un cadre de concertation institutionnalisé et contraignant, qui se réunirait chaque trimestre sous la haute autorité du Chef de l’État.

L’appel conjoint de l’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS résonne comme un avertissement solennel. Au-delà de la dénonciation des problèmes structurels, c’est l’avenir même de l’entreprise nationale et la capacité du Sénégal à créer de la richesse et des emplois stables pour ses citoyens qui sont en jeu. Les yeux sont désormais tournés vers les autorités, avec l’espoir de voir émerger des réponses concrètes et des réformes profondes avant que la crise ne s’aggrave davantage et n’affecte durablement la prospérité du pays.

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